POINT BLANK – Reloaded
C’est avec un réel plaisir que je retrouve cette formation texane que j’avais découverte en 1977 grâce à leur album « Second Season » (Nous ne devons d’ailleurs pas être très nombreux à en posséder un exemplaire sur ce continent). A l’époque, ils étaient sous la houlette du même producteur que ZZ Top, Bill Ham, qui ne parvint pas à les mener au même succès en dehors de leurs contrées. A vrai dire, ZZ Top fut plus persévérant dans le temps et plus stable, tant au niveau de son style que de son personnel.
Au fil du temps et à la suite du succès du genre dans les années 1970, la dénomination « Southern Rock » est devenue un label auquel se sont arrimés pas mal de formations originaires des anciens Etats Confédérés, que ce soit par soucis d’image, d’affichage des valeurs du Sud ou tout simplement d’opportunités plus mercantiles. En tout cas, l’origine de ce mouvement se situe clairement dans les états du Sud-Est, principalement en Floride, en Géorgie, en Alabama et dans les deux Caroline ; leurs principaux représentants se nomment Allman Brothers Band, Lynyrd Skynyrd, Charlie Daniels Band, Marshall Tucker Band, Atlanta Rhythm Section, Outlaws, Molly Hatchet, Blackfoot, 38 Special, Wet Willie, Sea Level, …
Point Blank fait plutôt partie de ces groupes du Sud arrimés au genre. Il comble le fossé entre le « Blues-Rock » et le « Boogie-Blues » plus spécifiquement Texan, représenté en priorité par ZZ Top, et les formations réellement « Sudistes » comme Blackfoot et Molly Hatchet, pour ce qui est des plus puissantes, et Lynyrd Skynyrd ou le Rossington Collins Band, pour ce qui est des plus « graisseuses ».
En tout cas, le nouvel opus, « Reloaded », est intéressant à plus d’un titre. D’abord, il réactive un groupe en veilleuse depuis plus de vingt ans, grâce à cet enregistrement public réalisé en 2005 au Texas. Ensuite, quatre des cinq membres de la formation d’origine sont ici présents (seul manque le guitariste Kim Davis) et pour beaucoup, ils incarnent la période plus originale et la mieux inspirée. Pour le confirmer, huit des treize titres interprétés proviennent de leur répertoire de l’époque. En complément, un autre « ancien » de la bande, arrivé au début des années 1980, Bubba Keith (il fut membre de la dernière mouture de James Gang), a également répondu à l’appel ; il participa à leurs deux derniers albums dont l’honorable « On a Roll » (que j’acquis également à l’époque). Pour terminer, il faut également noter la présence de Buddy Whittington, un pur « Bluesman », collaborateur régulier de John Mayall.
Les titres (59’23) :
- « Back in the Alley » (Burns/Davis/Gruen/O’Daniel/Petty) (4’43)
- « Moving » (Burns/Davis/Gruen/O’Daniel/Petty) (3’15)
- « Nasty Notions » (Burns/Davis/Gruen/O’Daniel/Petty) (3’29)
- « Bad Bees » (Burns/Petty) (2’48)
- « Uncle Ned » (Burns/Davis/Gruen/O’Daniel/Petty) (4’11)
- « Stars & Scars » (Burns/Davis/Petty) (6’56)
- « Lone Star Fool » (Davis/O’Daniel) (4’11)
- « Free Man » (Burns/O’Daniel) (5’43)
- « Mean to your Queenie » (Hardin) (5’03)
- « Nicole » (Burns/Davis/Gruen/Hamilton/Keith/Randolph) (3’45)
- « Let Her Go » (Burns/Davis/Gruen/Hamilton/Keith/Randolph) (4’04)
- « How Blue Can You Get » (Feather/Feather) (9’34)
- « Thank You Mama » (Burns/Gruen/O’Daniel) (1’42)
Version originale des titres :
- « Point Blank » (1976) : 2, 4, 7, 8
- « Second Season » (1977) : 1, 3, 5, 6
- « Airplay » (1979) : 9
- « The Hard Way » (1980) : 13
- « American Excess » (1981) : 10
- « On a Roll » (1982) : 11
Les participants :
- Rusty Burns : Guitares & Vocaux
- John O’Daniel : Vocaux
- Phillip Petty : Basse
- Peter “Buzzy” Gruen : Batterie
- Bubba Keith : Vocaux, Guitares & Harmonica
- Buddy Whittington : Guitares & Vocaux
- Jeff Williams : Piano
L’écoute de « Reloaded » dégage une sensation constante de bien-être et s’affirme comme un bénéfique retour aux sources. Cette musique n’a rien de cérébral, elle prend simplement aux tripes. Du plaisir à l’état brut !
Caractéristique du genre, les guitares y règnent en maître. Elles peuvent être poisseuses, acérées, pesantes et même délicates, n’évitant jamais l’occasion de partir en solo. Par contre, si les guitares se chevauchent souvent, les grands duels et croisements entre guitaristes sont moins fréquents que chez Outlaws ou Molly Hatchet, les autres « six cordes » offrant alors surtout un appui rythmique « viril ». A l’occasion, le piano et l’harmonica apportent une touche bienvenue. Le chant est un délice, étonnamment propre, rappelant souvent les Californiens de Doobie Brothers. John O’Daniel intègre le club des grands vocalistes. Quant à la rythmique, elle est simplement efficace.
Parmi les titres proposés, rien n’est à rejeter. Les compositions sont de bonne qualité et leur agencement impeccable.
Avec « Back in the Alley », la température monte directement, avec des guitares qui « arrachent » et « pètent » les flammes. « Moving » augmente encore la pression. La performance vocale de John O’Daniel est tout bonnement impressionnante.
« Bad Beens » sonne plus « Country » à la façon de Charlie Daniels. La mélodie « Stars & Scars » également, mais à la façon du Marshall Tucker Band, avec un chant d’excellente facture.
Le fantastique « Lone Star Fool » évolue sur un tempo semblable à celui du « Southern Man » de Neil Young, mais avec le jeu de guitare de Gary Rossington.
« Free Man » permet de superbes envolées de guitares.
L’excellent « Mean to your Queenie » fait regretter que le passage du claviériste Steve Hardin ait été aussi bref à une époque où le groupe cherchait une nouvelle voie. Le pianiste Jeff Williams met cette composition bien en valeur.
« Let Her Go » sonne comme du 38 Special moins bien inspiré.
Seule reprise, « How Blue Can You Get » est un « Blues-Rock » plus classique, passionnant, qui convient idéalement au professionnel du genre qu’est Buddy Whittington.
Bien roulé, « Thank You Mama » est utilisé pour présenter les différents acteurs de ce concert.
En conclusion, Point Blank a mené sa première carrière de 1974 à 1983. Il montre ici qu’il n’est pas encore rouillé. Il faudra maintenant les voir sur scène (ils seront le 12.06.2007 au Spirit of 66) et, surtout, dans de nouvelles compositions.
Pays: US
Dixiefrog DFGCD 8624
Sortie: 2007/05/04

A l’époque de la sortie du 1° album, Rock&Folk (je crois que c’était eux) commençait sa chronique par : « Une guitare hurle dans la nuit ….. une autre lui réponds ….. ».
Tout un programme n’est il point ….. ????