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Concert Mike STERN au SPIRIT OF 66, 25-11-2003

On n’insistera jamais assez sur la qualité des concerts et des musiciens proposés par le Spirit et ce, dans tous les styles. Ce soir-là, nous avons eu droit à un concert grandiose. Personnellement, j’ai découvert Mike STERN en 1983 sur l’album de Miles DAVIS « Star People » où il officiait avec un autre guitariste qui allait également démarrer une carrière en solo étonnante et originale, John SCOFIELD. Directement, son style m’avait intéressé et aucun album solo qu’il a sorti ne m’a déçu. Son moins bon album pourrait recevoir la cote de 16/20 et son meilleur, « Between the Lines », 19/20 (je positionnerai son dernier album « Voices » à 18,5/20). C’est dire le label de qualité de l’artiste et également sa constance dans la qualité. De nombreux morceaux de ces deux albums seront joués.

En fait, j’avais déjà vu Mike STERN en concert en 1996 ou 1997, en trio, avec le génial bassiste Jeff ANDREWS et le spectaculaire batteur Dave WECKL. Ce souvenir est inoubliable : un des meilleurs concerts auxquels j’aie assisté. Celui de mardi dernier était de la même veine, sous la forme d’un quator, avec le saxophoniste Bob FRANCESCHINI, présent également sur l’album « Voices ».

Nous sommes ici avec Mike STERN dans la deuxième génération de musiciens générée par Miles DAVIS dans le Jazz-Rock (avec John SCOFIELD, Bill EVANS, Marcus MILLER, …). La fusion se fait toujours entre le « Jazz » et le « Rock » mais de petites touches plus « Funky » sont apportées.

Mike STERN, au dandinement si particulier et qui ressemble un peu à Mick JAGGER (de visage), nous a montré tout ce que l’on peut faire avec une guitare dans son style si caractéristique. Ce style aérien, au son toujours pur, joué parfois avec rapidité, parfois avec lenteur mais toujours avec fluidité, subtilité et finesse. Il est à noter qu’il n’est pas qu’un interprète, il a aussi composé la quasi-totalité de son répertoire. Son répertoire est composé autant de morceaux intimistes que de morceaux plus rythmés. De plus, ce musicien de 49 ans est particulièrement sympathique et retrouvera son public à la première pose et après le concert, cherchant même à dialoguer dans la salle avec les spectateurs. Cette sympathie, on la retrouve avec ses musiciens qui ont un espace important d’improvisation. Il a une complicité indiscutable avec eux sans aucune trace d’égo.

Le saxophoniste Bob FRANCESCHINI, au visage torturé, m’a impressionné aussi bien dans ses solos que dans ses duels avec Mike STERN. Tout comme son leader, il montre une puissance étonnante suivie de délicatesse. Il est bien dans la lignée des saxophonistes utilisés par Mike STERN (surtout Bob BERG). Bref, un grand saxophoniste à réentendre. Mike STERN a toujours donné dans ses albums et ses compositions une place prédominante au saxophone.

Le bassiste québecquois Alain CARON m’a conquis. Ce musicien, ex-UZEB, auquel je ne m’étais jamais intéressé et qui ressemble physiquement au guitariste Larry CORYELL, présente vraiment ce que doit être, à mon sens, le jeu de basse : PRIMORDIAL, sachant enrichir et enrober les morceaux tout en soutenant l’ensemble et en le tirant si nécessaire. Ce musicien est dans la lignée des Stanley CLARKE, Jeff BERLIN ou Kai ECKHARDT. Sa « six cordes » lui permet de jouer également une palette importantes de nuances. Bref, un très grand bassiste.

Le batteur Lionel CORDEW, je ne le connaissais que par sa participation à l’album « Surfer » de GONGZILLA (avec également Allan HOLDSWORTH). Comme les autres, il fut impressionnant. Outre l’allure, il fait beaucoup penser à Billy COBHAM par sa technique et son aisance. Tout le concert, il mâchera son chewing-gum même dans ses solos qu’il mènera avec une dextérité et une vitesse stupéfiante sans même vraiment donné l’impression de s’essouffler. Bref, un très grand batteur.

La prestation du Mike STERN Group commença vers 8h45, fut divisée en deux parties, et se termina vers 11h40 après un seul rappel ; elle dégagea dans le public une sensation de satisfaction générale complètement à l’opposé de ce qu’avait proposé le pourtant brillant Allan HOLDSWORTH fin octobre.

En résumé, un excellent concert avec des musiciens « Haut de Gamme ». Une superbe soirée comme le Spirit peut en offrir souvent.

Pour les amateurs, voici, à mon sens, les quatre meilleurs albums de Mike STERN :
1°) Between the Lines (1996) avec Dave WECKL, Jeff ANDREWS, Jim BEARD, Lincoln GOINES, Dennis CHAMBERS
2°) Voices (2001) avec Bob FRANCESCHINI, Michael BRECKER, Jim BEARD, Richard BONA, Dennis CHAMBERS, Vinnie COLAIUTA, Chris Minh DOKY, Lincoln GOINES, Arto TUNCBOYACIYAN, Elizabeth KONTOMANOU, Philip HAMILTON, Jon HERINGTON
3°) Time in Place (1988) avec Bob BERG, Michael BRECKER, Jim BEARD, Jeff ANDREWS, Peter ERSKINE, Don ALIAS
4°) Play (1999) avec John SCOFIELD, Bill FRISELL, Bob MALACH, Jim BEARD, Denis CHAMBERS, Lincoln GOINES, Ben PEROWSKY

A noter que l’album « Voices » est marqué par un important apport de voix ce qui est nouveau chez Mike STERN. Cette nouvelle direction s’intègre parfaitement à sa musique (avec Philip HAMILTON, Elizabeth KONTOMANOU et surtout Richard BONA dont il faut également écouter le splendide album solo « Munia/The Tale »). Le morceau « Slow Change » est une véritable « perle ».

JPS1er

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