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MATTHEWS, Dave BAND – Stand Up

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Bien que les membres du Dave Matthews Band soient américains à part Dave Matthews, qui nous vient d’Afrique du Sud, leur musique est largement basée sur les percussions et les rythmes africains et Carter Beauford, un musicien de jazz confirmé, comme le saxophoniste LeRoi Moore, fait un véritable malheur à la batterie.

On pourrait presque établir un parallèle entre Dave Matthews et Johnny Clegg mais ce dernier jouait avec des musiciens africains. En tout cas, Dave Matthews a un point commun avec lui : un sens du rythme incroyable, très au dessus de la moyenne, au point qu’il tient la dragée haute aux blacks du combo, qui le considèrent comme l’un des leurs.

Le Dave Matthews Band comprend :

  • Carter Beauford : batterie sur 1 à 14 ; percussions sur 1, 2, 7 et 11 ; choeurs sur 2 et 3 ;
  • Stefan Lessard : guitare basse sur 1 à 14 ; chœurs sur 3 ;
  • Dave Matthews : chant sur 1 à 14 ; guitare sur 1, 2, 3, 5, 6, 7, 9, 10, 11, 12 et 13 ; piano sur 4 et 8 ;
  • LeRoi Moore : saxophone ténor sur 1, 3, 4, 5, 7, 9, 11, 12, 13 et 14 ; saxophone baryton sur 1, 5, 7, 12 et 13 ; Pyrotechnics sur 5 ; chœurs sur 3 ;
  • Boyd Tinsley : violon sur 1, 2, 3, 4, 9, 10, 11, 13 et 14 ; chœurs sur 3 ; violon électrique sur 5, 7 et 12 ; mandoline sur 7 ;
  • Butch Taylor : claviers sur 1, ; piano sur 1 et 2 ; Wurlitzer sur 2 et 10 ; Rhodes sur 7 et 11 ; orgue sur 7, 9 et 14 ; chœurs sur 12 et 14 ;
  • Mark Batson : claviers sur 1 et 3 ; piano sur 1, 4, 6 et 13 ; Rhodes sur 2 ; Moog sur 5 et 14 ; orgue sur 5, 6, 9, 10, 12 et 13 ; clavinet sur 10 ; synthés sur 11 ; Wurlitzer sur 12 ; mellotron sur 7 ; percussions sur 7 ; chœurs sur 7.

« Dreamgirl » annonce d’emblée la couleur : la musique, ici de type gospel, est assez « ronde » et marquée surtout par les percussions et par la guitare, jouée tout en douceur. L’origine africaine de ce morceau d’anthologie suinte par tous les pores de la peau et sa sensualité n’a d’égale que son rythme irrésistible. Alors, fille de rêve ? Rêve ou réalité ? « Old Dirt Hill (Bring That Beat Back) » est aussi un hommage à l’Afrique, dont personne ne se préoccupe. Dave Matthews entend bien que ça change grâce à sa musique. Ici, ce sont surtout des souvenirs de jeunesse qui reviennent à la surface.

Très nerveux, dominé par le saxo, « Stand Up (For It) » semble pourtant avoir été créé pour la batterie. Son caractère jazzy très affirmé finirait par nous mettre en transe. « American Baby Intro » se laisse écouter sur un tempo beaucoup plus lent au début. Cela s’échauffe progressivement par la suite mais la fin est d’inspiration classique sous l’impulsion du violon. Les percussions reprennent le dessus pour « American Baby », un mid tempo marqué aussi par les déferlements répétitifs de la guitare et par le saxophone, qui parachève le côté jazz. C’est aussi une ode à la beauté féminine.

Avec le court « Smooth Rider », chanté dans le style de Robert Palmer, on entre dans le ventre mou de l’album, comme si on hésitait entre deux chemins à prendre, comme le héros de l’histoire, poursuivi par le shérif et le père de sa petite amie. La musique se fait plus funky, comme si un dénouement était proche. La voix se fait alors plus insistante et l’orgue clôture le parcours. Au contraire, c’est le violon qui entame « Everybody Wake Up (Our Finest Hour Arrives) », dont le côté politique n’échappe à personne. La débauche instrumentale qui lui succède est de toute beauté, avec le violon électrique, la mandoline et le mellotron en vedette.

« Out Of My Hands » est un morceau très doux dominé par le piano et la voix, tout en contraste avec le reste de l’album, comme si on était au chevet d’une Afrique ancestrale mourante. Le country « Hello Again » réagit comme si, dans un dernier sursaut, on voulait montrer de quoi on est capable. Cette musique festive semble être comme une lueur d’espoir et une façon de forcer le destin. Toujours sur un rythme irrésistible, « Louisiana Bayou » est une pièce de résistance qui évoque en quelque sorte la situation des noirs, les laissés pour compte. De nouveau, la transe n’est pas loin. La voix se fait plus pressante, comme pour nous emporter dans un tourbillon dont on sort décoiffé, physiquement et moralement.

Le saxophone nous prend à froid pour nous entraîner avec le tout aussi irrésistible « Stolen Away On 55th & 3rd », un air jazzy sensuel et doux amer qui est empreint de la nostalgie du temps qui passe et qui nous parle avec beaucoup de retenue d’une rencontre inattendue entre deux personnes autrefois très proches. La basse, très présente tout au long de l’album, assiste le saxo avec beaucoup d’à-propos.

C’est sur une musique spasmodique que débute « You Might Die Trying », qui vire au jazz débridé après quelques dizaines de secondes, sous l’impulsion du saxo. Il n’en faudrait pas beaucoup plus pour nous mettre en transe, tant la musique hypnotique est prenante. Un must !

D’inspiration classique, « Steady As We Go », au contraire, prend tout son temps pour faire descendre la tension. Le piano, omniprésent, donne le tempo et la voix se fait suppliante. « Les bons moments que nous avons eus, personne ne peut nous les enlever ». Vers la fin, le saxophone rappelle que l’on est dans le fief du jazz.

« Hunger For The Great Light » traduit les frustrations des opprimés de toute origine. Le tempo s’énerve quelque peu et le morceau se termine comme un hymne à la liberté. Très beau et très touchant.

Sur le DVD qui accompagne ce CD, on peut voir deux clips vidéo et trois titres enregistrés en public en direct de Red Rocks, qui dégagent une énergie incroyable. On gagne à voir ce combo sur scène, où il donne sa pleine mesure. Ils sont en tournée aux Etats-Unis jusque fin septembre 2006.

Cet album est un peu inégal mais il est tout entier marqué par un sens du rythme extraordinaire, hommage appuyé à l’Afrique et ses valeurs. Remarquable !

Titres du CD:

  1. « Dreamgirl »
  2. « Old Dirt Hill (Bring That Beat Back) »
  3. « Stand Up (For It) »
  4. « American Baby Intro »
  5. « American Baby »
  6. « Smooth Rider »
  7. « Everybody Wake Up (Our Finest Hour Arrives) »
  8. « Out Of My Hands »
  9. « Hello Again »
  10. « Louisiana Bayou »
  11. « Stolen Away On 55th & 3rd »
  12. « You Might Die Trying »
  13. « Steady As We Go »
  14. « Hunger For The Great Light »

Titres du DVD:

  1. « American Baby » (Vidéo)
  2. « Dreamgirl »
  3. « Crash Into Me (Live From Red Rocks) »
  4. « Louisiana Bayou (Live From Red Rocks) »
  5. « Stand Up (For It) (Live From Red Rocks) »

Pays: US
V2 VVR1034488
Sortie: 2006/03/06

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