THERAPY? – High Anxiety
J’avoue ne pas avoir beaucoup aimé l’album « Shameless » 2001 de ce combo pourtant adorable, tant il est vrai –et Andy Cairns en convient lui-même- que le groupe s’est un peu perdu en conjectures à l’époque. Difficile de résister à la pression du show-business après les succès planétaires de « Troublegum » et « Infernal Love ». Mais, ouf, cela va mieux !
Le succulent « High Anxiety 2003 », contrairement à son titre, déborde d’énergie et de bonnes vibrations.
Le son traçant et le ton décapant des atypiques Irlandais a repris des couleurs et résonne admirablement dans ce nouvel opus.
J’ai eu envie instinctivement d’aller écouter d’abord « Not in my name » au titre emblématique qui, je crois bien, va servir d’hymne de résistance dans les grands rassemblements et je me suis dit que ça commençait fort. Surtout que juste après, on trouve « My Voodoo Doll » de loin mon préféré car il s’appuie sur une rythmique dingue et vivifiante. Et que dire de la mélodie qui met instantanément de bonne humeur…
« Hey Satan – You Rock » qui ouvre l’album est une vraie réussite, un retour aux sources « thérapiennes » salvateur. Même si le fond de la chanson s’inspire de l’imagerie satanique véhiculée par les kids aux TShirts dégoulinant de sang, la réflexion vaut le détour…
« Who Knows » ramène le beat dans le camp « heavy » avec cette touche mélodique irrésistible qui rend les cogneurs sympathiques… si j’ose dire !
« Stand in line » commence par une longue mélopée incantatoire pour cadrer le sujet qui devient au fur et à mesure du fighting rock incontestable. Si les lyrics se résument à leur plus simple expression, ce titre contient, toutefois, une deuxième partie instrumentale décoiffante.
Merveilleuse marche en avant, saccadée et décidée dans le « Nobody here but us ». Je pense que le groupe a gagné en clarté et en lisibilité, cette façon de faire est vraiment superbe. A noter la présence d’un nouveau batteur Neil Cooper qui frappe avec discernement, conviction et efficacité… « Watch you go » sautillant et « If it kills me » roboratif complètent une set list sans faille jusque là . Toutes les chansons s’appellent et se répondent. Vraiment rien à jeter, pas de remplissage, tout a son utilité. Et cette terrible Gibson SG qui diamante littéralement tous les riffs ! C’est réellement un grand album… Vitaminé, fichtrement bien construit, un clin d’œil permanent à l’intelligence musicale, loin des clichés que la musique heavy peut parfois véhiculer.
Je passe sur « Limbo » qui résume admirablement ce que je viens de dire pour saluer l’intro magistrale de « Last Blast » au titre évocateur. Mais comment font-ils pour jouer aussi vite ? La fin d’un riff est automatiquement regonflée par un redémarrage immédiat décuplé et dément, c’est fou (vraiment) !
Tu penses que « Rust » le dernier titre va calmer le jeu ? Que nenni ! C’est le vocoder qui canalise la voix pour entraîner un son lourd et décalé qui permet au band d’afficher le sens de l’humour légendaire qu’on lui connaît. Qu’est-ce que ça pète bien ce truc dis donc (hucdidon) ! Sa finale en deux temps (avec une ineffable sortie cachée et un bonus supplémentaire « Allready There » !!!) donne immédiatement envie de se le repasser. Pour rappel, « Therapy ? » c’est : Andy Cairns (guitares et chant), Michael McKeegan (basse), Martin McCarrick (guitare/cello) et Neil Cooper, le petit nouveau (batterie). Des gars super sympas qui en ont dans le ciboulot sans se prendre la tête et qui viennent de réaliser un album GENIAL et PARFAIT !
Pays: GB
Spitfire/Spitcd143/GAS0000143SPR
Sortie: 2003/05/06
