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STEREOPHONICS – You Gotta Go There To Come Back

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Pour produire cet album dont il a composé les paroles et en avoir le contrôle, Kelly Jones a passé des heures en studio avec l’ingénieur du son Jim Lowe, à la manière de John Fogerty (Creedence Clearwater Revival). Le groupe a travaillé sur ses démos et a voulu faire une musique qui vient du cœur, pas une musique formatée pour les radios. A ce point de vue, c’est une réussite car ce qui frappe à l’écoute de cet album, c’est le contraste des émotions et de l’atmosphère de chaque morceau, même si la dominante est assez morose.

Le cd commence par une débauche de guitares dans un climat enjoué avec « Help Me (She’s Out Of Her Mind) » et se poursuit d’une manière antinomique par « Maybe Tomorrow », une agréable ballade que ne renierait pas Rod Stewart, à qui fait irrésistiblement penser la voix éraillée et graveleuse de Kelly Jones. « Madame Helga » est sorti en single après avoir été rodé lors des festivals. C’est la note rock à la fois élégante, sale et moite de cet album qui en manque quelque peu. « You Stole My Money Honey », toujours assez rythmé, est la transition idéale avec « Getaway », magnifique plage empreinte de nostalgie à la mélodie totalement imparable. Elle décline un message d’une grande simplicité sur l’enfance et l’innocence perdues. A lui seul, ce titre justifie presque l’achat du cd. Malheureusement, le reste manque de personnalité. On ne peut s’empêcher d’évoquer assez souvent les Beatles, manifestement source d’inspiration pour le groupe.

« Climbing The Wall » est un soft rock agréable mais qui ne dépasse pas la simple estime pour un travail bien fait. Son thème sur l’ennui est fort bien caractérisé par le climat du morceau. « Jealousy », dont le titre est on ne peut plus explicite et l’intro à la guitare très réussie, est un autre morceau dont le rythme donne du relief à l’album. « I’m Allright (You Gotta Go There To Come Back) » est une recherche personnelle sur le sens de la vie et se déroule sur un rythme lancinant un peu monotone mais qui illustre à merveille son climat mélancolique. « Nothing Precious At All » est une autre ballade à la Rod Stewart agréable à l’écoute, de même que « Rainbows And Pots Of Gold » qui apporte une autre note amère malgré les cordes de plus en plus présentes, avant de sombrer à nouveau dans le spleen avec « I Miss You Now » dont le titre est suffisamment explicite pour éluder tout commentaire superflu. « High As The Ceiling », bien qu’un peu monotone, apporte un rythme soutenu qui est en totale opposition avec le titre précédent tandis que « Since I Told You It’s Over » parachève l’album sur une nouvelle ballade qui parle d’une relation qui se termine par une rupture.

En résumé, « You Gotta Go There To Come Back » est un album non dépourvu de qualités. A certains moments, il laisse envisager un futur prometteur pour le groupe s’il arrive à se renouveler et surtout à faire preuve de plus de personnalité. La filiation aux sources citées est trop évidente pour distinguer Stereophonics parmi les dizaines de groupes anglais du moment

Pays: GB
V2 Records VVR1021908P
Sortie: 2003/06/02

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