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KARCIUS – Kaleidoscope

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Les canadiens de Karcius pratiquent le style fusion cher à des pointures comme John McLaughlin et leur jeu sur cet album complexe est excellent de bout en bout. Karcius comprend Dominique Blouin (basse frettée, basse fretless), Thomas Brodeur (batterie, percussions), Simon L’Espérance (guitares, percussions) et Mingan Sauriol (piano, claviers).

Uniquement instrumental, l’album s’adresse à l’amateur éclairé qui n’est pas rebuté par l’absence de partie chantée. Karcius a sorti récemment l’album « Sphère » (2003) remasterisé.

Le premier titre, « Hypothèse A », débute au piano comme un morceau classique avant de virer au hard rock, avec une basse agressive, puis de bifurquer vers le rock progressif, avec une guitare distordue et presque larmoyante. Le retour au classique se produit bien avant la fin et dans son ensemble, le premier morceau, pourtant joué avec beaucoup de finesse, est assez emphatique dans sa forme.

Au contraire, « Maintenant » débute sur le mode intimiste et la basse, le piano, puis la guitare donnent le ton. On se situe toujours aux limites de la frontière classique et le tempo reste lent. Vers la moitié du morceau, le caractère jazz apparaît et les improvisations sont plus apparentes, notamment au piano. On sent chez les musiciens une émulation et une envie réelle de se dépasser et c’est à qui va le plus étonner l’autre.

De couleur rock au début, « Destination » est beaucoup plus rythmé et la guitare y tient une large place, vite relayée par la basse et les claviers quand cela vire au jazz. Tout cela se tient parfaitement et les instrumentistes, toujours performants, parviennent à nous tenir en haleine jusqu’à la fin.

Toujours très rythmé, « Tunnel » débute comme du hard rock, avec une guitare débridée. Les percussions ne sont pas en reste et cela donne un morceau de rock progressif atypique par rapport à l’ensemble de l’album. Quand la guitare reprend l’initiative, le morceau résonne comme du hard rock bien musclé et flamboyant. Le passage au jazz se fait progressivement et le morceau se termine dans l’allégresse, sous l’impulsion d’une batterie déchaînée.

Beaucoup plus calme, « Hypothèse B » débute par le piano, qui prend des accents classiques ; il est bientôt relayé par la guitare. Le son feutré fait place à une partie plus jazz, tempéré par le jeu de la basse, très présente tout au long de ce très long morceau. En fin de compte, il y a entre ces différents styles de musique une cohérence surprenante due à la qualité des jeunes musiciens.

« A-0-14 » est un condensé de percussions et de rythmes tribaux qui donnent à ce morceau une allure africaine dont la guitare masque la nature profonde, au point de le transformer en hard rock sur la fin. « Epilogue » démarre sur un rythme guilleret qui n’est pas sans évoquer la musique des années septante, avec de longues envolées à la guitare et des phrases lyriques qui dénotent un caractère jazzy assez ampoulé, entrecoupé de phrases classiques.

« Hypothèse C » démarre en fanfare par des percussions tonitruantes mais bientôt, elles cèdent la place à un passage rock plus nuancé. Les claviers sont cette fois omniprésents et l’ambiance s’en trouve transformée, au point de devenir le centre d’intérêt principal du morceau. Le rythme s’accélère encore sur un tempo saccadé dominé par la guitare. On atteint ainsi la deuxième partie de ce titre versatile et très dynamique. Cette fois, c’est à du rock progressif que l’on a affaire, avec des improvisations continuelles dignes des meilleurs morceaux de jazz, pour se terminer en douceur.

Bref, cet album à dominante jazz fusion, qui mélange les styles avec à-propos, devrait faire le bonheur des amateurs du genre.

Pays: CA
Unicorn Digital UNCR-5032
Sortie: 2006/05/23

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