BOY – Every Page You Turn
Le groupe canadien Boy comprend Stephen Noel Kozmeniuk (chant, guitare), Rolla Olak (chant, guitare), Steve Payne (guitare basse) et Maurie Kaufmann (batterie). Il nous gratifie souvent d’un rock varié de derrière les fagots, concocté et répété dans la cave de Kozmeniuk, un petit génie presque inconnu de ce côté de l’Atlantique mais qui excelle dans des styles musicaux forts différents.
« People Come On » démarre sur les chapeaux de roue et donne le ton : l’album est bien dans la tradition des années soixante, Beatles en tête. Sur le titre suivant, « Same Old Song », plus percutant encore, on note néanmoins une ressemblance avec Black Rebel Motorcycle Club, qui lui-même ne cache pas sa source d’inspiration : les sixties. On peut même y apercevoir le fantôme des Doors. « Every Page You Turn » est plus pop et fait davantage penser aux Beatles.
Du rock, du vrai, on en a sur « You Gave It All », qui nous transmet son énergie brutale et tonifiante tout au long du morceau. On note ci et là des riffs que ne désavouerait pas Keith Richards himself. C’est dire si c’est bon ! « A Line To Stand Behind » descend de deux crans en nombre de décibels. C’est plus doux et cela ressemblerait plutôt aux Byrds, qui décidément refont surface. C’est justice, leur talent mérite une reconnaissance, même tardive. La fin est tonitruante comme à la fin de plusieurs morceaux des Rolling Stones, qui se terminent en une cacophonie instrumentale savamment organisée. « The New Number 2 » commence comme « Sister Morphine » des Rolling Stones pour virer ensuite vers un rock progressif de très bonne qualité qui évoque Pink Floyd. Surprenant et très différent du reste !
« Up In This Town » semble indiquer un fait difficilement contestable : ses membres (ou l’un d’entre eux) ont beaucoup écouté les deux premiers albums de Black Rebel Motorcycle Club et les Doors. En tout cas, la copie est conforme et on peut y apposer un sceau officiel. A défaut de personnalité bien affirmée, autant copier les maîtres. « Ceux qui ne copient pas les maîtres sont des nains », aime dire un des frères Gallagher (Oasis). Il sait de quoi il parle et ne s’en cache pas.
« Black Cat » est un morceau pop acoustique bien balancé qui calme le jeu et fait penser aux Beatles. La ressemblance est même frappante par moments, tant par le climat dans lequel baigne le morceau que par la voix, proche de celle de McCartney. Acoustique et guilleret au début, « Diamonds » est un morceau pop excellent, bien dans la tradition des « Fab Four ». Le morceau fait une large place à la guitare et devient progressivement plus axé sur les harmonies vocales, avec une mélodie bien accompagnée par le piano.
« The Shells » rappelle le Mersey Sound mais aussi les Byrds, par la mélodie imparable et les harmonies vocales. Par son utilisation judicieuse de l’orgue, « Stars » fait penser aux Doors. Ici aussi, l’aspect mélodique est privilégié et les harmonies vocales très travaillées. Fantastique fin d’album !
Ce CD constitue une découverte de choix malgré le manque de personnalité de nos compères canadiens. Ils font preuve d’une telle maîtrise dans la copie qu’il leur arrive de surpasser leurs modèles. L’album plaira beaucoup aux fans des groupes cités et BRMC ne fait pas tache parmi les grands. On vous l’a déjà dit il y a trois ans !
Pays: CA
Bad Reputation / Suburban 070268545-2
Sortie: 2006/06/01
