NEEDLE AND THE PAIN REACTION – Pheromone
Needle and the Pain Reaction, c’est avant tout de l’énergie à l’état pur, avec des riffs de guitare qui vous prennent aux tripes. En concert, c’est quelque chose. C’est en tout cas ce que disent les Canadiens qui les ont vus en première partie de Chris Spedding à Toronto.
Needle and the Pain Reaction est un groupe gantois qui comprend Peter De Bosschere à la batterie, Luc Waegeman à la basse et Wim Deliveyne au chant et aux guitares. Les deux premiers assurent les backing vocals. Ils disent avoir été influencés par Dinosaur Jr., Afghan Wigs et Sonic Youth. Ils existent depuis la fin de 1999 et ont sorti un album, « Obsessions Of An Epic Womanizer », en 2004. Tout un programme ! Celui-ci, « Pheromone », est leur deuxième.
Tous les titres relèvent de la même logique énergie – chant nuancé avec des harmonies vocales très travaillées. Mais quelle rythmique ! C’est un rock agressif et plein d’énergie bien dans la lignée des groupes qui les ont influencés. Même si les paroles ne sont pas leur point fort, cela n’a pas tellement d’importance tant leur puissance est impressionnante.
On peut entendre un échantillon de leur style sur « Ballad Of One Girl and A Madman », un titre répétitif bourré de distorsions, et plus encore sur « Supermarket Hero », un véritable festival de guitares soutenu par une batterie ultra performante. « Butterfly » est plus nuancé, encore que la basse de Luc Waegeman cartonne tout autant et que Peter De Bosschere est toujours aussi déchaîné quand il entrevoit ses fûts, qu’il martyrise comme à plaisir. C’est un des meilleurs morceaux de l’album.
« Scarface » vous assène des coups à l’estomac dès l’entame pour ne plus vous lâcher. Une accalmie fait parfois baisser la tension mais la puissance surgit de nouveau. « World » est plus calme au début et l’influence de Sonic Youth est plus perceptible mais l’énergie reprend de plus belle, comme si le groupe avait peur de perdre son âme. « Unicorn » est aussi un brûlot énergique avec cette fois un chant plus agressif. Ce que ces trois types arrivent à faire ensemble est phé-no-mé-nal. Comme rock speedé, on peut difficilement faire mieux.
« Many Boys » paraît plus calme au début mais le naturel reprend le dessus grâce à une ligne de basse imparable. « Virtual Gravity » démarre sur un rythme échevelé digne des meilleurs, pour se poursuivre sur une alternance entre des parties plus calmes et des moments de démence totale. « Buskidscumbags » démarre sur un rythme saccadé, d’abord en douceur relative pour bifurquer vers une agressivité plus grande par la suite.
« Yellow Caribbeans » est une véritable explosion de rock pur et dur qui conserve le sens de la mesure à grand renfort d’harmonies vocales travaillées et bien mises en valeur. La production de David Vella (Zornik, Rammstein) est irréprochable. « Sugar » dégage une énergie incroyable et le jeu de batterie de Peter De Bosschere est toujours aussi brillant. Décidément, le groupe paraît imperméable à la fatigue.
« Monster » comporte des accents plus pop mais les riffs de guitare sont toujours aussi agressifs et l’énergie est toujours bien présente. « Confusion » est un rock pur et dur de facture classique au début, toujours régi par une grande rigueur dans sa construction mais entrecoupé de breaks qui le rendent proche de Sonic Youth. Remarquable ! « Attitude » est surprenant et rentre plus dans le créneau de la créativité pure. Pas de mélodie bien ficelée mais plutôt des variations sur le thème de l’originalité.
En résumé, c’est un très bon album de rock vitaminé mais assez varié qui fait honneur au rock belge.
Pays: BE
Kinky Star Records KS 054
Sortie: 2006/10/23
