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ROCKET SCIENTISTS – Revolution Road

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Les américains de Rocket Scientists ont débuté dans les années 90 avec l’album « Earthbound » paru en 1993. Ils ont ensuite sorti « Brutal Architecture » en 1995, le live « Earth Below and Sky Above » en 1998 et « Oblivion Days » en 1999 et puis plus rien. Après sept ans d’absence, les revoici avec « Revolution Road », qui plus est un double album.

En fait, c’est déjà à la fin des eighties que le groupe s’est formé sous l’impulsion du claviériste Erik Norlander (digne rejeton de Keith Emerson tant il aime les boutons) et du chanteur/guitariste Mark McCrite. Ils réalisent à eux deux le premier album « Earthbound ». Le bassiste Don Schiff les a rejoint pour le second opus « Brutal Architecture ». Quant à leur absence de sept ans au début de ce 21e siècle, cela ne les a pas empêché de sortir leurs projets solos. Ainsi Erik Norlander a été sans aucun doute le plus prolifique avec six albums. Ils ont aussi accompagné Lara Lane (Madame Norlander dans le privé) pour plusieurs tournées mondiales. Ils n’ont donc pas chômé durant tout ce temps.

Mais revenons à ce nouvel album de notre trio de choc. Ils y sont accompagnés par le chanteur David McBee, les batteurs Gregg Bissonette, Simon Phillips et Shaun Guerin (décédé depuis mais dont ils ont incorporé en hommage une partie de batterie sur « Better View ») ainsi que Greg Phelps à l’accordéon sur « Enjoy the Weather ». Vous aurez vite compris qu’avec de tels batteurs on ne peut s’attendre qu’au meilleur.

Dès le départ on sent la maturité musicale du trio. « Sky is Falling », avec David McBee au chant, prouve qu’ils savent composer des mélodies accrocheuses tout en conservant un haut degré de qualité. Le style se montre souvent proche de celui de Spock’s Beard. « Dream in Red » s’avère heavy par moments mais fait aussi preuve d’une douceur aux tons acoustiques. Le chant de McBee explose de mille feux. « Better View » tranche avec son chant très doux assuré par Mark McCrite. Le solo d’Erik Norlander est de toute beauté. La guitare l’accompagne sur la fin.

Le travail musical est parfois très raffiné et agencé avec grand soin. Ecoutez l’instrumental « Outside the Painted Walls ». C’est une petite merveille où tous les instruments brillent avec bonheur. Elle est signée Don Schiff. La voix douce de Mark McCrite illumine un « Forever Nights » qui prend des couleurs plus pop. Le côté répétitif de l’instrumental « Ptolemy » fait penser à l’Alan Parsons Project. Notez encore à propos de ce premier CD la très bonne reprise des Moody Blues, en l’occurrence « Gypsy (of a Strange and Distant Time) ».

Sur la seconde rondelle, « Castles Fall » allie une basse volubile à des voix travaillées, le tout parfaitement soutenu par la batterie, les claviers et des courtes interventions mélodiques de la guitare. Aux moments les plus forts, l’influence d’un Spock’s Beard est bien présente. La ballade « Enjoy the Weather » joue sur nos sens avec ses mélodies et sa voix veloutée. Le feeling qui s’en dégage nous fera frissonner. « Pay Your Dues » virevolte sur un chant de David McBee à nouveau. C’est sans aucun doute le meilleur morceau écrit par Norlander seul sur cet album.

« Eden Burns » offre un chant varié par ses couleurs, tantôt doux et feutré tantôt plus dur. Un certain mystère règne parfaitement cultivé par les claviers de Norlander tandis que McCrite fait rugir sa guitare. Pour l’instrumental « Hold That Thought », Don Schiff démontre une fois de plus ses talents de compositeur. Avec lui, on plonge dans le jazz-rock. « House of Cards » permet tant aux claviers qu’à la guitare des échanges solos épiques alors que McBee offre son chant le plus doux et pop de l’ensemble. L’opus se termine avec la longue pièce musicale « After the Revolution » au sein de laquelle le rock progressif est roi et les mélodies reines. Guitare et claviers se partagent des tableaux en parfaite alternance.

Enfin, il y a aussi lieu de noter le superbe livret qui accompagne l’album. Vous y trouverez toutes les paroles, de nombreuses photos et les commentaires du producteur Erik Norlander sur l’histoire des Rocket Scientists et de ce nouvel opus.

Ce retour en force des Rocket Scientists devrait sans aucun doute régaler les amateurs de Spock’s Beard, Neal Morse, Transatlantic, The Flower Kings et bien entendu Erik Norlander en solo.

Pays: US
Think Tank Media TTMD-1050
Sortie: 2006/11/07

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