SPOCK’S BEARD – Spock’s Beard
Non, il ne s’agit pas du premier album d’un nouveau groupe mais bien du neuvième des presque légendaires Spock’s Beard, en tout cas un groupe incontournable du rock progressif actuel. Après le chef d’oeuvre « Snow« suivi du départ de Neal Morse, ils avaient dû se remettre en question. Vint un « Feel Euphoria« où ils se cherchaient quelque peu puis « Octane« l’an dernier sur lequel on sentait bien l’arrivée d’un nouveau souffle.
Cela se confirme avec ce « Spock’s Beard ». Pourtant il ne s’agit pas d’un nouveau départ tant la musique du groupe assure ici parfaitement la continuité avec toujours des ambiances bien progressives. Mais ce nouvel opus démontre qu’ils se sont émancipés depuis le départ de Neal Morse. C’est un groupe sûr de lui-même qui se présente à nous. Nick D’Virgilio assume parfaitement son nouveau rôle de leader au chant. Et puis, le bassiste Dave Meros s’est beaucoup plus impliqué dans les compositions cette fois.
Parmi les 77 minutes (excusez du peu !) de musique offerte, on remarque le côté mélodique du morceau d’ouverture « On A Perfect Day » avec son violoncelle, sa flûte et ses guitares acoustiques. L’instrumental « Skeletons At The Feast » déménage ferme, la basse qui y est très présente amplifie la dynamique. Il y a parfois du Genesis dans les arrangements mais également du Yes tant ils sont fouillés. Mais le groupe se montre aussi très rock. C’est le cas du très direct « Is This Love ».
Sur « With Your Kiss », Alan Morse torture sa guitare tandis que les claviers de Ryo Okumoto virevoltent. Pourtant ce morceau se terminera très mélodiquement avec une superbe envolée solo de la guitare. Tout en restant progressif, le groupe n’hésite pas à s’aventurer dans d’autres genres flirtant avec le blues, plongeant dans le jazz-rock voire devenant par moments soul. Les tons bluesy de « Slow Crash Landing Man » nous prennent par les sentiments. Impossible d’y résister. Quant à la longue pièce « As Far As The Mind Can See » (17 minutes), elle est fertile en rebondissements avec ses quatre parties et s’aventure largement dans le jazz-rock.
Si sur « Octane » il restait encore les traces d’un « Snow », ce nouvel opus marque indéniablement un tournant. Le nouveau Spock’s Beard est bien né. Ils s’y montrent en général plus dur, plus rock, sans pour autant négliger l’aspect mélodique des choses et Nick D’Virgilio s’est complètement affirmé au chant. Un album haut de gamme à ne pas manquer !
Pays: US
InsideOut IOMCD 260
Sortie: 2006/11/17
