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NOUVELLES LECTURES COSMOPOLITES (Les) – Friesengeist Part π

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Sous-titré « Ascendances », ce troisième volet de l’oeuvre en grande partie acoustique de Julien Ash ressemble plus que les précédents à une oeuvre classique, même si les bruitages électroniques à base industrielle n’ont pas disparu, histoire de situer l’époque. Le line-up du projet est composé de Julien Ash (musique, piano, synthés, mixing, editing, mastering), bien sûr, et des fidèles Rosalie Hartog (violon), Pierre-Yves Lebeau (guitare acoustique), Liesbeth Houdijk (chant) et Philippe Joncquel (picolo bass).

Cette fois, dans « Paradoxe nocturne – Phase Une », la voix féminine est très intelligible. Elle cède la place à un magnifique dialogue entre le violon et le piano qui d’emblée fait naître l’émotion.

« Salsepareille – A cent lieues » commence en catimini par des bruitages recouverts par les plaintes du violon. On ne s’éloigne pas trop de ce qui précède mais on garde une marge de manœuvre pour inscrire cette œuvre bucolique dans son contexte en la faisant progresser dans son long cheminement à travers le royaume de la sensibilité et des impressions que l’on pourrait presque qualifier de gustatives et de tactiles. La guitare acoustique est bien présente et se fait insistante pour donner la réplique au violon, la pièce maîtresse de ce morceau très séduisant.

« Le traducteur de corps » évoque beaucoup plus les bruits de la vie courante et de la vie industrielle mais reste une pièce intimiste dans sa deuxième partie, où le piano et le violon tiennent la vedette, comme c’est le cas chaque fois quand il s’agit des projets de Julien Ash, que ce soit Les Nouvelles Lectures Cosmopolites ou A Sparrow-Grass Hunt. On y retrouve ainsi les constantes qui constituent sa personnalité et illustrent sa conception de la musique.

« La pyrothèque de Maximilienne » débute sur des bruits répétitifs difficilement identifiables qui brouillent les pistes. Le piano reprend rapidement l’initiative pour ne plus la quitter tout au long de ce morceau d’anthologie où le dialogue avec la guitare acoustique s’installe tout en douceur.

Le morceau « Les rondes sorcières – Passion des inclinaisons », après une intro sourde qui dérange, rend sa place de prédilection au violon. Cette fois, ce sont des bruitages sourds qui agrémentent le propos de « Backwards Running Pigs Disturbing Morpheus », avec de remarquables percussions à contretemps et les bruissements électroniques du synthé. Le violon revient à la surface et couvre toute velléité de diversion, bientôt relayé par le piano. Leur dialogue apporte de la diversité et égaie le propos un peu austère.

« Paradoxe noctambulesque – Phasme Un » débute par des bruissements imperceptibles bientôt remplacés par des élucubrations pianistiques somptueuses et un violon toujours aussi nostalgique qui évoquent les craintes enfantines mêlées de plaisir. Ce voyage au cœur de l’enfance vous prend à la gorge en évoquant des souvenirs doux-amers empreints de mélancolie.

Le synthé introduit « Hystereophonics – Danse des cent poules pondeuses » dans un autre registre fait de bruits industriels et de peur larvée. Le piano prend la relève avec la guitare acoustique pour faire de cet exercice de style très proche de la musique classique une réussite. On nage ainsi dans un bain de beauté qui régénère et réconcilie avec une humanité déboussolée capable du meilleur comme du pire.

« L’intrus mental – Petits travaux d’étanchéité cérébrale » fait place à la chanteuse et génère une tension croissante renforcée par un violon qui joue crescendo et se mêle aux trilles du piano pour un morceau à la fois tendre et teinté d’humour. Dans le même registre, « De la pénibilité des tendances dodelineuses » introduit des bruitages qui glissent pour permettre au piano et au violon de prendre la relève. Les thèmes diffèrent, la technique éprouvée reste la même au sein de ce paysage musical étonnant.

« Le périmètre de confiance » débute par des bruissements et des clochettes déroutantes et lancinantes bientôt remplacées par une voix sortie du néant. Une crainte sourde s’installe mais fait place au violon rassurant. Par leur caractère répétitif, les bruits difficilement identifiables font rebondir l’intérêt et la tension remonte d’un cran.

« De la comestibilité des événements prévisibles » abonde dans le même créneau par son caractère mystérieux et envoûtant à la fois. Le piano essaie de relâcher la tension et le dialogue apaisant avec le violon achève de rassurer les plus inquiets. La fin, avec la voix féminine en filigrane, se déroule dans une ambiance mitigée de crainte sournoise mêlée de mystère.

« Le théâtre de l’éclipse – Vision stroboscopique » introduit une dimension plus angoissante encore, provoquée par la voix et les bruits languissants tempérés par un piano et un violon rassurants par leur utilisation continue et leur phraséologie calme à travers toute l’œuvre.

« Le sage à niveau » se mêle au propos par ses bruits bizarroïdes qui évoquent des jouets d’enfants utilisés dans un contexte complètement décalé. De nouveau, le dialogue piano – violon rassure par son côté nostalgique et calme. « Paradoxe crépusculaire – Phrase Une » débute par les plaintes larmoyantes du violon qui garde l’initiative, seulement interrompu par un jeu de piano très tonique qui ramène l’équilibre dans une impression d’ensemble assez mélancolique.

On attend le quatrième et le cinquième volet de cette œuvre volumineuse avec beaucoup d’intérêt et l’espoir que la conclusion soit à la hauteur de l’ambition de départ.

Pays: FR
Gazul / Musea Records GA.8686
Sortie: 2006/09

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