WILKS, Van – Running from Ghosts
J’ai découvert Van Wilks en 2000, lors d’un concert au Spirit of 66 de Verviers, presque par hasard, à la suite d’un rendez-vous annulé dix minutes plus tôt et qui me libérait la soirée. Séduit et impressionné par sa prestation, l’acquisition de ses deux CDs disponibles sur place s’imposait. « Soul of a Man » (1995) et « Koko’s Hideaway » (1999) confirmaient amplement l’intérêt qu’il y avait à accorder à ce Texan d’origine basé à Austin, né en 1951, excellent guitariste, compositeur de bon niveau et chanteur à la voix chaude bien en phase avec son instrument. Deux ans plus tard, dans la même salle, il se révéla tout aussi brillant, même si la « sauce » n’avait pas encore bien pris avec son nouveau duo rythmique, celui de … Chris Spedding. Malgré de grands moment, son nouvel album de l’époque, « Texas Jukin’ » (2002), se situait un cran en dessous de ses deux précédents, cotables eux à 4 étoiles, sans hésitation.
En 1980, à l’époque de son premier opus, « Bombay Tears », il était sous la houlette de Bill Ham, jusqu’il y a peu manager de ZZ Top (il fut aussi celui de Point Blank que je ne peux m’empêcher de citer tant ce groupe du « Sud » n’a pas reçu l’écho mérité sous nos latitudes).
A part cela, entre les tournées et les enregistrements, le travail avec ses collègues et amis musiciens, les trophées reçus en confirmation de ses aptitudes à la « gratte », il enseigne la guitare.
Les titres (59’05) :
- « Would You Go my Way » (Van Wilks/Nancy Kampe/Geoff Kaiser) (4’04)
- « On the Edge » (Van Wilks) (5’26)
- « Morning Dew » (Bonnie Dobson/Tim Rose) (5’32)
- « No More Wishes in your Wishing Well » (Van Wilks) (4’16)
- « Happy Hour at the Asylum » (Van Wilks) (4’26)
- « The Eleventh Hour » (Van Wilks) (5’00)
- « The Low Spark of High Heeled Boys » (Steve Winwood) (6’52)
- « Down to Heaven » (Van Wilks) (6’02)
- « Watchin’ the World Go By » (Van Wilks) (4’27)
- « 1959 » (Van Wilks) (4’50)
- « Travelin’ » (Van Wilks/Gail Palmer) (4’30)
- « New Day Dawning » (Van Wilks) (3’32)
Les interprètes :
- Van Wilks : Guitares & Vocaux
- Chris Skiles : Batterie
- Chris Maresh : Basse (2, 4 à 12)
- Geoff Kaiser : Basse (1)
- Reggie Witty : Basse (3)
- Stephen Barber : Claviers (9)
- Lisa Tingle : Vocaux Additionnels (1, 4, 6, 9, 10)
- The Anita Joye Rizley Midnight Choir : Vocaux Additionnels (6)
- Josh Smith : 2e Guitare Solo (1)
A l’écoute et comme à l’habitude, Van Wilks ne réinvente pas la roue mais produit un « Blues-Rock » bien juteux, teigneux à l’occasion sans être franchement « Hard », qui secoue les tripes. La guitare est toujours reine et utilisée dans un large panel de couleurs, intégrant de nombreux riffs tranchants, des solos réguliers et variés sans longueurs inutiles, en alternance avec le chant idéalement incorporé. La présence de claviers reste, comme toujours chez lui, purement anecdotique. Sans débordement ou folie, basse et batterie assurent à merveille.
Globalement, les points de comparaisons les plus marquants restent toujours les mêmes : Billy Gibbons (ZZ Top), tant pour la guitare que pour la voix, l’autre natif de Austin, Eric Johnson, dans ses facettes plus typiquement « Blues », Stevie Ray Vaughan et son frère Jimmie. En dehors de ces Texans, il y a évidemment Jimi Hendrix.
Les compositions sont d’une indiscutable qualité. Elles se succèdent sans temps mort ni perte d’intensité. L’interprétation ne souffre d’aucune faiblesse, que ce soit dans les titres les plus lents ou les plus nerveux.
Les deux reprises sont également intéressantes. Celle de Steve Winwood, raccourcie ici de moitié, est axée sur la guitare : « The Low Spark of High Heeled Boys » était le titre-phare de l’album de Traffic du même nom datant de 1971.
Deux titres plus anciens, « 1959 » et « Travelin’ », se trouvaient déjà sur son premier album solo « Bombay Tears » en 1980. Ils ont été réenregistrés. Particulièrement entraînants et carrés, emplis de guitares acérées, ils apparaissent comme les meilleures pièces de ce CD.
Parmi ses accompagnateurs, il faut noter que Lisa Tingle et surtout Chris Maresh ont participé à l’excellent album « Bloom » de Eric Johnson (voir chronique).
En conclusion, un album de « Blues-Rock » texan bien revigorant.
Pays: US
Dixiefrog DFGCD 8593
Sortie: 2005
