XANG – The Last of the Lasts
Il aura fallu attendre près de huit ans pour que les français de Xang se décident à nous sortir leur second opus. « Destiny of a Dream », sorti en 1999, les avait révélé à la scène rock progressive et avait laissé entrevoir un bel avenir pour nos amis de Cambrai. C’est dire si leur silence fut bien trop long jusqu’à se demander s’ils allaient revenir un jour.
Voilà, c’est fait, les bêtises de Cambrai sont de retour. Mais trêve de balivernes car ce nouvel opus, basé sur le drame de la première guerre mondiale, nous inciterait plutôt au sérieux en nous proposant une atmosphère tendue et sombre. Quoi de plus normal pour retracer la violence de ces quatre années parmi les plus sombres du 20e siècle.
Peut-être faut-il rappeler aux distraits qui prendraient Xang en cours de route que le groupe est un quatuor instrumental. Point de chant donc, mais un claviériste (Vincent Hooge), un guitariste (Antoine Duhem), un bassiste (Matthieu Hooge) et un batteur (Manu Delestre) qui nous proposent un rock progressif varié et intense.
Chez Xang, les vedettes sont les guitares et les claviers mais l’excellent soutien de la section rythmique offre à leur musique une base solide. Si les claviers tissent les ambiances, les guitares ne sont pas en reste qu’elles soient électriques ou acoustiques et leurs soli sont d’une sensibilité sans pareille.
L’histoire dramatique de la première guerre mondiale avec ses tranchées et toutes ses horreurs jusqu’à l’utilisation de gaz mortel par l’armée allemande au mépris des accords précédemment signés permet au groupe de varier les ambiances afin de mieux représenter le chaos d’alors mais également la violence, la tristesse et le désespoir. A ce sujet, le livret, très bien réalisé, nous retrace l’histoire de la plus grande boucherie du 20e siècle. Une excellente initiative afin que les jeunes générations n’oublient pas cela et ainsi évitent le renouvellement d’un tel désastre.
Dans leur tissage musical, les musiciens n’hésitent pas non plus à s’aventurer dans le jazz-rock comme sur « On Leave ». « Verdun », où la terrible bataille eut lieu, fait planer la mélancolie mais aussi la tension du drame qui s’y joua. « Mud » se la joue heavy. Durant des mois les soldats vivent dans la boue qui se faufile partout jusque dans les aliments et bien sûr les rats sont de la partie. Un autre grand moment est ce « Trenches », ces fosses dans lesquelles les soldats brûlaient les cadavres. Les guitares sont torturées comme s’il s’agissait de faire ressortir la colère des âmes.
Le point faible de cet opus est à chercher du côté de « Sons of the Empire » qui est plus un plantage de décor avec des voix et beaucoup d’effets électroniques, trop sans doute, et trop longtemps aussi au point d’irriter quelque peu.
Voici un album pour méditer sur les erreurs passées afin de ne plus jamais les reproduire. On pourrait croire que cela est acquis mais il faudra malgré tout rester vigilant car les dérives arrivent si vite si l’on ni prend garde. En tout cas, Xang réussit son retour avec ce nouvel opus et on espère bien ne pas devoir attendre 8 ans de plus avant le suivant.
Pays: FR
Galileo Records GR012
Sortie: 2007/01/22
