YETI RAIN – Discarnate
« Discarnate » est le premier album de Yeti Rain, formation américaine constituée fin 2005 par les deux musiciens repris ci-dessous :
- Roger Ebner : Wind Synthesizer, Wind Drum & Compositions
- William Kopecky : Fretless Bass, Wind Drum, Tanpura & Compositions
Autant Roger Ebner semble sortir de l’inconnu, autant William Kopecky bénéficie d’une grande réputation. En tant qu’instrumentiste de haut niveau, il a déjà prouvé à maintes reprises son aisance à s’engager dans différentes voies musicales, parfois audacieuses, à l’instar de Billy Sheehan, une de ses influences majeures. Bassiste en priorité, il peut également passer sans difficulté aux claviers ou à d’autres instruments comme ici la tanpura, sorte de sitar. Depuis 1999, il fait partie du trio Kopecky avec ses frères Joe aux guitares et Paul aux percussions. Ils ont déjà publié cinq albums dont deux ont été chroniqués : « Sunset Gun » en 2004 et « Blood » en 2006. Il est également membre de Parallel Mind avec lequel il a enregistré deux albums dont « Colossus ADEA » en 2005. On a pu aussi l’entendre avec le Pär Lindh Project, The Bollenberg Experience, Michael Angelo Batio, …
Le projet Yeti Rain est à ranger dans la catégorie « Black Ambient ».
Les titres (55’47) :
- « The Veiled Daughters of Sleep » (8’06)
- « Book of Visions » (7’23)
- « Ebon Ebon Thalud » (8’18)
- « Sea of Endings » (10’02)
- « The Prophets’ Needle » (4’39)
- « Darklight » (6’53)
- « Dreaming in the Teeth of Forever » (10’26)
A l’écoute, « Discarnate ne déchaîne pas l’enthousiasme. Ces sept titres apparaissent longuets, monotones et monocordes, sans flamme ni ressort, et donc souvent interminables. Tous baignent dans des atmosphères aériennes et venteuses, aux saveurs bizarres, parfois frigorifiantes, parfois endormantes.
« The Veiled Daughters of Sleep » s’étire dans l’étrange sur une ligne uniforme qui a même rappelé à un « Ancien » le vol des bombardiers à hélices en route vers leurs cibles lors de la dernière guerre. Le passage à « Book of Visions », puis à « Ebon Ebon Thalud », se remarque à peine. Les deux compères continuent de jouer exclusivement sur les climats. Les quelques notes produites sont prolongées à l’infini par les claviers et la basse, dont les cordes semblent détendues à l’extrême.
Seule évolution notoire, « Sea of Endings » voit l’apparition de quelques inflexions indiennes produites par la tampura.
« The Prophets’ Needles » est halluciné, strident et carrément crispant.
Plus digeste, « Darklight » rappelle plutôt l’univers de Jan Garbarek, ce qu’avait d’ailleurs déjà ébauché « Sea of Endings ».
« Dreaming in the Teeth of Forever » termine l’album comme il l’avait commencé et n’apporte rien de bien positif.
En conclusion, si cet album se rapproche parfois de certaines productions de Manfred Eicher et de son label E.C.M., il en ressort malheureusement moins abouti.
Pays: US
Unicorn Digital Inc. UNCR-5037
Sortie: 2006/12/05
