COLD WAR KIDS – Robbers & Cowards
Cold War Kids s’est formé dans la banlieue de Los Angeles en 2004. Cela deviendra de plus en plus banal, il s’est fait connaître par la toile. Les principales sources d’inspiration du groupe sont Tom Waits, le Velvet Underground et les bluesmen comme Leadbelly. Ici, pour son premier album, le groupe pratique un blues théâtral basé sur l’émotion, qui est teinté de folk et de rock indie et qui part dans toutes les directions. C’est une vraie réussite.
Comme pour Clap Your Hands Say Yeah, il existe un problème avec la voix du chanteur, Nathan Willett. Beaucoup ne pourront pas encadrer sa voix criarde. Encore une fois, il faudra vaincre ce préjugé pour apprécier l’originalité et la fraîcheur de l’album. On y décrit pourtant des personnages un peu paumés, des gens qui ne parviennent pas à trouver leur voie, les « Robbers & Cowards ». La description est à la fois autobiographique et basée sur la fiction.
Le premier morceau de l’album, « We Used To Vacation », illustre bien le problème de voix de l’ami Willett, qui joue aussi du piano et de la guitare. Il est entouré de Jonathan Bo Russell, qui joue aussi du piano et de la guitare et qui assure les chœurs, de Matt Aveiro, qui joue de la batterie et s’occupe des percussions et de Matt Maust, qui tient la guitare basse.
« Hang Me Up To Dry » est aussi un morceau bien balancé, de même que « Tell Me In The Morning ». Il y a dans ces morceaux une volonté d’originalité incontestable. Les guitares y tiennent une place importante mais le piano est aussi mis en valeur. « Hair Down » apporte aussi sa griffe originale et l’absence de mélodie y contribue largement, comme le jeu assez particulier des guitares et les incantations vocales.
« Passing The Hat » débute de manière classique mais s’éloigne très vite des sentiers battus. C’est la basse qui introduit « Saint John », un morceau assez lent qui met bien la basse en valeur et comporte un jeu de batterie très original. La voix est nettement plus supportable sur « Robbers ». Elle fait un peu penser à la voix aigüe de David Surkamp (Pavlov’s Dog), même si le timbre est différent. La batterie fait le reste et le fait très bien dans son style jazzy.
« Hospital Beds » reprend dans le style particulier du groupe, avec la voix si personnelle de Nathan Willett. Ici aussi, les guitares sont utilisées de manière originale. « Pregnant » débute par des sifflements et des bruitages. La voix prend le relais, accompagnée d’une voix parlée à peine intelligible. Les guitares acoustiques et les percussions font de ce morceau un amalgame sonore sombre et hors du temps.
« Red Wine, Success! » comporte aussi tous les ingrédients de l’originalité. « God, Make Up Your Mind » est aussi un titre bizarroïde qui débute très lentement. De nouveau, la voix distante fait un bout de chemin avec le morceau et la rythmique prend des accents jazzy. Le très long « Rubidoux » est plus rapide et s’appuie sur une excellente rythmique plus rock. On se rend compte que l’on s’habitue assez vite à la voix, finalement. Le morceau est parsemé de quelques breaks accompagnés par des changements de rythme. Après une interruption qui paraît bien trop longue, on a droit à un titre caché où la guitare acoustique et le piano sont prépondérants. La voix est aussi plus sage mais a parfois des accès de folie, pendant que la guitare acoustique et le piano reprennent leurs droits.
Ce premier album du combo californien qui navigue dans les mêmes eaux que les White Stripes est finalement très réussi par son originalité, sa fraîcheur, son esprit innovant et par la symbiose qui règne au sein du groupe. Il ne devrait pas plaire à tout le monde en raison de son originalité mais il est à surveiller de très près. C’est peut-être un futur groupe majeur.
Pays: US
V2 VVR1044142
Sortie: 2007/02/05
