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LEVI, Pop – The Return To Form Black Magick Party

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Ce multi-instrumentiste né à Londres a du génie et fait penser au Todd Rundgren des années septante ; il sort de nulle part ou presque et produit un premier disque époustouflant d’inventivité et de personnalité. Même s’il puise son inspiration chez les plus grands, de Marvin Gaye à Syd Barrett en passant par T-Rex et les Beatles, il garde un style propre.

Il est venu très tôt à la musique. Il a joué avec le groupe d’avant-garde Super Numeri et est actuellement bassiste au sein du groupe Ladytron avec lequel il fait une tournée ; comme il compose des titres pendant les temps morts, il décide alors de faire un album solo et pond sans prévenir un véritable chef-d’œuvre.

« Sugar Assault Me Now » est un très bon mélange de rock et de soul funky qui dégouline de partout. La remarquable vidéo de « Blue Honey » est disponible sur le site de Pop Levi et ne manque pas de classe. Le morceau se termine brutalement, laissant l’audience « a quia ». Mais c’est pour mieux sauter avec « (A Style Called) Crying Chic », un titre répétitif qui comporte son petit lot de gimmicks, au point que l’on se perd en chemin dans les méandres de son imagination débordante.

« Pick-Me-Up, Uppercut » est un titre fantaisiste et débridé qui laissera sans doute un bon souvenir à tous ceux qui y ont participé. « Skip Ghetto » tente une diversion du côté de la pop mélodique bien balancée. On croirait par moments entendre John Lennon mais la répétition incantatoire rend le morceau incandescent. La fin a des accents de musique indienne. « Dollar Bill Rock » est beaucoup plus à ranger dans la musique soul très tonique et sautillante imposée par un rythme échevelé mais en définitive, tout l’album est inclassable. La fin du morceau, comme toujours, est déroutante au possible.

« Flirting » débute par des bruitages et se poursuit sur un mélodie gentillette qui fait penser aux Fab Four. « Mournin’ Light » est assez heavy, revisite Led Zeppelin et apporte de l’eau au moulin de la créativité de ce personnage étonnant, un peu dérangé, peut-être. En tout cas, il semble avoir des atomes crochus avec un autre illuminé, Devendra Banhart, c’est sûr. Le paysage sonore de « See My Lord » est plus classique au début mais vire rapidement en un bouquet de sons discordants genre « Revolution # 9 » des Beatles. Remarquable cacophonie organisée où l’orgue, la flûte, la basse et les bruitages sont à la fête !

Sans transition, « Hades’ Lady » exhibe des percussions remarquables et des harmonies vocales qui ne le sont pas moins sur une mélodie infectieuse ponctuée par la guitare et qui s’incruste en douceur dans le subconscient. Comme à chaque fois, la fin du morceau est surprenante. « From The Day That You Were Born » est un autre titre qui fait penser aux quatre de Liverpool et semble destiné au marché du pays du Soleil Levant. Les paroles des chansons sont d’ailleurs entièrement traduites en japonais dans le livret.

Une belle fin pour un album touche-à-tout qui a des moments brillants et qui peut compter sur la production impeccable de Pop Levi. En voilà un qui n’a pas besoin de meubler avec des « blancs ». Son génie lui suffit.

Pays: GB
Counter Records / PiaS COUNTCD003
Sortie: 2007/02/12

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