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RAKES (The) – Ten New Messages

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Bien que ce soit nettement moins flagrant que sur « Capture/Release« , l’album précédent, ce CD s’inscrit encore dans la mouvance de Bloc Party, notamment dans le chef du premier morceau, même si le groupe fait de louables efforts pour s’en distinguer. Il gagne aussi en profondeur. L’album, qui laisse apparaître en filigrane l’ombre du 7 juillet 2005 dans le métro de Londres, est tout simplement excellent et ne comporte aucun point faible. Cette fois, il est produit par JimAbiss (Kasabian, Arctic Monkeys) et Brendan Lynch (Paul Weller, Primal Scream).

Sur le plan strictement musical, il faut s’accrocher ! Tous les titres cartonnent, depuis le remarquable « World Was A Mess But His Hair Was Perfect », rentre dedans comme aux plus beaux jours du rock primitif, en passant par « Little Superstitions », plus calme, très classe mais de qualité haut de gamme, « We Danced Together », sorti en single, au rythme spasmodique qui évoque une cavalcade échevelée exempte de prise de tête, et « Trouble », dont le rythme irrésistible évoque le style des meilleurs titres de Billy Idol. Dans le genre, c’est du grand art.

Laura Marlin, Phil Morais et Rax interviennent à tour de rôle sur « Suspicious Eyes », un peu moins percutant mais tout aussi bon. Il comporte même des passages inspirés par le hip hop et le rap, juste de quoi prouver que le groupe vit en symbiose avec son temps. On pense parfois aussi aux meilleurs moments des Strokes. « On a Mission » débute par des gimmicks mais très vite, en toute simplicité, le rythme hypnotique reprend ses droits, avec une guitare nerveuse qui déménage. Toujours avec la même cohésion entre les musiciens, « Down With Moonlight » se décline sur un rythme que ne renieraient pas les Libertines dans un très bon jour.

« When Tom Cruise Cries » comprend aussi son originalité et change un peu de cap par rapport au reste de l’album. Le groupe prouve ainsi sa versatilité et sa capacité à diversifier ses centres d’intérêt. La fin du morceau est surprenante et évite un écueil très courant. Exprimant la joie de vivre, « Time To Stop Talking » emboîte le pas sur un rythme à la Bloc Party digne des meilleurs standards du rock. Avec son climat doux amer, « Leave The City And Come Home » comporte aussi son lot de surprises avec son rythme très particulier et sa capacité à innover.

On se retrouve ainsi à la fin sans temps mort en éprouvant le sentiment de n’avoir pas vu passer le temps. En progrès par rapport à l’album précédent, empreint d’intelligence, celui-ci est désenchanté mais il mélange les genres avec bonheur. Il est avec celui de Bloc Party un des meilleurs de ce premier tiers de l’année, qui semblait s’enliser dans la routine. Non, il n’y a vraiment aucune crainte à avoir : même s’il n’est pas toujours de cette qualité, le rock n’est pas mort.

Pays: GB
V2 VVR1041852
Sortie: 2007/03/19

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