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TALKING TO TEAPOTS – The Re-Creation Of All Things

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Le groupe suédois Talking To Teapots est déroutant. Difficile de déceler le genre de cet album, il y a un peu de tout. Pour simplifier, disons que c’est du rock alternatif, ce qui englobe tout ce qui n’est pas « mainstream ». Et ceci n’est pas « mainstream ». De plus, ce groupe sort complètement du cliché « groupe de rock suédois qui joue du hard metal » très fort.

Côté instruments de musique, Martin Månsson chante, joue de la guitare, des claviers, du theremin et du melodica, Emil Göran Engblom joue de la guitare et chante, Karl A. Jönsson joue de la basse, chante, joue de la guitare, tient les claviers, joue du cucumber et du melodica, William Nordström joue de la batterie, du tambourin, du melodica et des claviers. La production est aussi de Talking To Teapots.

Le début de l’album ne ressemble à rien de connu mais rapidement, on a droit à une explosion de violence qui ne dure pas. C’est cette versatilité régulièrement répétée au cours de « Pandemonium, Part 0 » qui est surprenante, cette alternance entre explosion d’énergie très rock et des parties presque douces. Les claviers sont prépondérants mais le theremin et le melodica sont bien présents. Le chant est déjanté et fait penser à de l’expérimental genre Architecture In Helsinki.

On en a la confirmation avec « Pandemonium, Part 1 », où apparaissent cependant des claviers beaucoup plus mordants. Les guitares et la batterie sont aussi plus présentes. La fin est plus sereine et est marquée par un chant qui frise la folie furieuse, avec des harmonies vocales qui lui emboîtent le pas.

« Second Hand Soul For Sale » est un morceau beaucoup plus mélodieux qui s’appuie sur le theremin et une partie chantée assez violente. De nouveau, on a une alternance entre violence et sérénité avec une mélodie digne de ce nom pendant la partie calme.

« Everybody Has A Point » met en valeur les guitares dans ce rock au rythme soutenu. « T.R-C.O.A.T » est un autre titre qui regorge de guitares agressives qui se calment peu après. Pendant les instants de calme, la voix peut donner libre cours à ses qualités mais ça ne dure jamais longtemps : l’alternance a cet avantage déterminant : chacun peut exprimer librement son tempérament et ça évite les tensions à l’intérieur du groupe. C’est en tout cas un des meilleurs morceaux de cet album surprenant.

« Shady Place » est un punk rock minimaliste au début, quand les guitares dérouillent mais aux rares instants où le rythme baisse, on peut apprécier ces musiciens à leur meilleur. « Super Secret Agent Man » est un peu plus proche du soft rock et la rythmique donne sa pleine mesure. La voix se fait plus douce et dirige le morceau en relative douceur. Assez court, « Ode To The Magic Wands » est un titre plus énervé qui frise le rythme punk. Ici aussi, les guitares prennent nettement le pas sur les autres instruments.

Ce sont les claviers qui cette fois dominent la première partie sur « Hello Pretty Morning » mais le style déjanté ramène la voix dans le style de Robert Smith et les guitares frôlent plutôt le style de Sonic Youth sans en atteindre l’excellence. « We Are The World » voit le rôle des guitares grandir dans des proportions considérables et l’aspect expérimental est d’autant plus sollicité. L’aspect vocal disjoncte pour parfaire le côté expérimental mais quand le morceau semble adopter un calme relatif, les guitares relancent l’énergie de plus belle.

« Death To The Sequence Of Tenses » est une fantaisie que ne désavouerait pas Split Enz s’il existait encore. « Come On Common Sounds » débute par les claviers sur un rythme bien marqué par la rythmique. La voix se fait légèrement caverneuse puis renoue avec son caractère violent qui subsiste tout au long de l’album, toujours prêt à éclater. « Danny vs Craig » débute en sourdine sous la forme d’une ballade nuancée, pour faire place petit à petit à un mid tempo qui reste buvable. Cette fois, l’énergie est canalisée jusqu’aux deux tiers du morceau. Là, pas de pardon, la violence réapparaît pendant quelques secondes.

« Walking Thru The Nation » est également à la fois nuancé sur le plan du tempo et expérimental sur le plan vocal. De la folie à l’état pur qui entraîne l’ensemble à son paroxysme même si on voit poindre un semblant de mélodie. « Heavenly Heavy » est beaucoup plus nuancé tout en gardant un rythme soutenu et une violence latente qui ne demande qu’à s’exprimer, quitte à attendre son tour. Cette partie à la limite du prog rock est de très bonne qualité et n’est pas loin de valoir « T.R-C.O.A.T ».

A partir du 6 décembre, Talking To Teapots va accompagner « The Tellers » en tournée en Belgique et risque de leur faire un peu d’ombre. Pour plus de sécurité, consultez régulièrement notre agenda.

Bon album d’un groupe qui semble chercher son style définitif. Quinze titres pour quarante-cinq minutes de musique de bonne qualité.

Pays: SE
First Take Recordings / Empty Tape SEXJS002
Sortie: 2007/10/11

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