GLASS, Andrea – Stood Under Stars
La ville de Bolton serait-elle en train de s’éveiller ? Après Cherry Ghost, voici Andrea Glass, une chanteuse / compositrice de talent. Le chanteur de Cherry Ghost, Simon Aldred, estime qu’une ville calme permet d’éviter les pressions et est propice à l’épanouissement artistique. C’est sans doute pour cette raison que Andrea Glass a pu réaliser le rêve qu’elle portait en elle depuis longtemps. Son parcours s’apparente à une « success story ». Elle a commencé à apprendre la guitare à 8 ans. Pendant son adolescence, elle a parfait son style en jouant des compositions de Creedence Clearwater Revival, Gram Parsons, Donovan, les Rolling Stones ou Bob Dylan.
Elle est venue habiter et enseigner à Londres en 2000 et a mis quelques-unes de ses compositions sur MySpace. En 2007, elle a été invitée par le producteur Kevin Montgomery à venir les enregistrer à Nashville avec des musiciens de studio. Elle n’avait jamais vu de studio mais elle a chanté ses compositions sans complexe. Cet album de folk rock tellement agréable à écouter est son premier ; tant le producteur que les musiciens ont fait un travail impeccable.
Ce qui est particulier sur cet album, c’est le style « americana » chanté et joué par une anglaise. Les chansons parlent d’amour, le plus souvent malheureux, et sont empreintes de mélancolie et de nostalgie. Les paroles sont intelligentes, son chant est tantôt doux, tantôt plus nerveux et son jeu à la guitare acoustique est très coulé mais ne manque pas de rythme. On peut la comparer à Shawn Colvin ou même à Lucinda Williams.
Ses chansons folk jouées à la guitare acoustique parlent d’amour et de désir avec beaucoup de sensibilité mais aussi de lucidité et d’ironie. Elle ne se fait guère d’illusions sur la relation amoureuse. « We Could Be Over » est un morceau assez doux joué principalement à la guitare acoustique mais qui comporte quelques passages à l’orgue Hammond. Avec sa perspicacité toute féminine, elle sent venir la fin inéluctable de son amour car ses efforts pour le séduire restent sans effet. Lui, il ne remarque même pas que leur histoire touche à sa fin.
« Don’t Burn Down The House » comporte l’une ou l’autre partie jouée au piano. Elle se rappelle cette fois un rêve d’incendie qu’elle a fait quand elle était petite. Elle parle d’une dispute et elle se base sur son rêve pour proférer des paroles douces afin de tenter d’en atténuer les conséquences néfastes. Dans son esprit, il vaut mieux sauver les meubles que de tout perdre.
Sur « North Wind », rehaussé par la présence du banjo, de la dobro et de la pedal steel, c’est de départ sans espoir de retour qu’elle nous parle : il n’a pas besoin de se justifier et elle n’est pas sans reproche mais elle a décidé de s’en aller et il doit faire preuve de courage ; quoiqu’il arrive, elle restera son amie.
« On My Mind » est un morceau assez doux et intimiste ; elle y parle d’un homme qui a su la séduire en la tirant d’un mauvais pas et qui restera à jamais dans son coeur. « Silent » est un morceau très doux et très dépouillé qui parle d’un amour sans lendemain. Elle s’est laissée entraîner dans cette aventure à cause de la chaleur, sans y voir malice. Maintenant que l’automne approche, elle prend conscience de ce qu’elle a fait et semble en éprouver des regrets.
« Hurricane » est un titre intimiste et doux qui comprend une partie jouée à l’orgue Hammond. Elle y parle de la nécessité d’une passion pour rendre la vie plus belle, même si des nuages viennent l’assombrir sans crier gare. « Black Ice » est un titre intimiste accompagné au piano notamment. Elle y parle d’une nuit qui a coupé sa vie en deux parties et de l’éloignement de l’être aimé comparé à l’hiver. Mais voici qu’il lui revient et cette fois, c’est pour de bon : il n’avait pas l’intention de briser sa vie. C’est le « happy end » parfait.
« Going Nowhere » est un morceau très doux rehaussé par le jeu de la pedal steel. Elle y raconte son attente arrosée à un arrêt d’autobus à cause d’une déception amoureuse ; elle espère que cette boisson lui ramène son cœur ; même s’il ne va nulle part, elle le suivra. Sur « The Price », un morceau guilleret qui comprend une guitare électrique et un banjo, elle refuse de céder à son désir car il est parti sans s’occuper d’elle. Même si elle éprouve des sentiments pour lui, elle refuse son amour car elle connaît le prix à payer.
« Out Of Here » est un très beau titre musclé par la guitare électrique et la pedal steel. Elle y énonce sa ferme volonté de partir et n’admet pas qu’il tourne les choses à son avantage. C’est elle et elle seule qui a rompu car elle ne croit pas à l’amour. « Always » est un morceau beaucoup plus doux qui comprend de très beaux passages au piano ; ici, c’est d’une séparation difficile dont il est question mais elle est décidée à tenir bon et à surmonter sa peine. « De nos jours », dit-elle, « l’amour est très souvent à sens unique ».
Excellent premier album d’une chanteuse / compositrice de talent, même si ses propos peuvent paraître pessimistes. Le plus souvent, ses paroles sont pleines de bon sens et en femme lucide, elle n’a guère d’illusions sur l’amour. Elle reflète ainsi une façon très personnelle de voir les choses et sa démarche est on ne peut plus actuelle.
Pays: GB
Life And Living Records LALR 03
Sortie: 2008/01
