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GARGANTUA – Kotegarda

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« Kotegarda » est le second enregistrement de cette formation polonaise après « Gargantua », publié en 2003. Par rapport à cette époque, ils ont changé de claviériste et intégré un violoniste.

Autant prévenir d’emblée, si la musique de Gargantua est loin de manquer d’intérêt, elle devrait malgré tout rencontrer quelques difficultés à s’attirer un large public. La cause en est le mélange de genres déjà difficiles d’accès au départ, qui imposera automatiquement à l’auditeur un esprit d’ouverture important. C’est ainsi que « Musique de Chambre », « Musique Moderne » ou « Contemporaine », « Progressif » audacieux, « Jazz » et « Rock » « Expérimental » ou « Avant-Gardiste » s’entremêlent, souvent avec bonheur, mais rarement avec évidence. Gargantua revendique une certaine filiation avec Robert Fripp, Fred Frith, Univers Zero, Igor Stravinski, Steve Reich, …

A l’écoute, chaque composition apparaît d’une belle qualité, bien structurée, d’une indéniable originalité et d’un beau degré de complexité. Toutes possèdent une dynamique interne assez admirable, dans laquelle le batteur joue incontestablement un rôle moteur. Celui-ci est doté d’une technique impressionnante, qui le pousse à déborder sans cesse de ses lignes. De surcroît, il donne l’impression constante de provoquer la plupart des nombreux rebondissements, au sein même des différentes compositions. Son jeu est du calibre d’un Carl Palmer, dans ses jours les mieux inspirés. En outre, ses sonorités restent toujours claires et nettes, sans recherche d’effets sonores artificiels.

La présence du violon est aussi importante. Il confère à l’ouvrage une sensation d’austérité et un désir d’appartenance au monde un peu coincé de la « Musique Classique », en général, de la « Musique de Chambre », en particulier, et de la « Musique d’Avant-Garde », sûrement.

Comme à l’habitude, les claviers possèdent une grande faculté à élargir le propos. Celle-ci est utilisée ici avec mesure grâce au talent du claviériste, principal responsable des ponts créés entre les différents genres musicaux. A l’aise tant dans les sonorités naturelles du piano que dans les sonorités déformées amenées par les techniques plus récentes, il n’affiche pourtant jamais une folle envie de s’extérioriser dans des explosions d’égo en solo.

Sans négliger la forme, le guitariste travaille aussi beaucoup le son. La comparaison avec Robert Fripp et Fred Frith paraît assez justifiée. Comme pour le claviériste, ses épanchements en solo sont toujours bienvenus, mais limités à l’essentiel.

Pour ce qui du bassiste, il est bien là, mais toujours discret, presqu’écrasé par ce diable de batteur.

En dehors de quelques borborygmes présents çà et là, le chant n’apparaît véritablement que sur un seul titre, en Polonais. Il n’y a qu’une chose à en dire : ce qui était à éviter l’a bien été.

En conclusion, un bon album qu’il faudra souvent réécouter et qu’on ne choisira jamais par hasard dans ses rayonnages. Le batteur mérite un intérêt particulier.

Les titres (43’41) :

  1. « Wzdy Czelestnik » (5’34)
  2. « Kotegarda III » (0’27)
  3. « Interrferrometerr » (6’04)
  4. « Meszuga Klejpulesa » (4’48)
  5. « The Augurs of Spring (Dances of the Young Girls) » (I. Stravinski) (3’58)
  6. « Paralaksy Dyzaskorufin » (6’06)
  7. « Tripl Ratamaklie » (5’28)
  8. « Kotegarda II » (1’05)
  9. « Gargoyles » (8’16)
  10. « Kotegarda I » (1’50)

Toutes les compositions sont signées collégialement par le groupe, sauf indiqué.

Le groupe :

  • Marcin Borowski : Batterie, Voix & Flûte
  • Tylda Ciolkosz : Violon, Voix & Chant (1)
  • Pawel Kubica : Claviers & Voix
  • Leszek Mrozowski : Basse
  • Bartek Zeman : Guitares, Sustainer & Voix

Pays: PL
Roadkill Music RM-01/2007
Sortie: 2007/12/07

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