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TEENAGERS (The) – Reality Check

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Tout est racoleur, sur cet album pop / trance / zouk, depuis la photo de couverture jusqu’à la musique dansante et les paroles qui se veulent choquantes. Mais choquantes pour qui ? L’Amérique puritaine ? Peut-être. Leur musique ? Un long monologue de rock indé teinté d’électronique de 38 minutes 21, toujours le même morceau mais avec d’autres étiquettes. Et les paroles, me direz-vous ? Un exemple au hasard ? « Homecoming ». Il rencontre pour la première fois sa cousine américaine et la trouve baisable. En effet, il la baise le lendemain. « On Day 2 I fucked her and it was wild/ She is such a slut ». C’est une telle pute ! C’est très classe, de parler ainsi d’une fille avec qui on vient de s’envoyer en l’air, surtout quand c’est une cousine. Hédonisme à bon marché pour choquer à tout prix ou humour parisien ?

Et puis il y a la demande en mariage de Scarlett Johansson. Elle peut même continuer à voir d’autres mecs, il n’est pas regardant. Et sur « Feeling Better » : « Qui est là pour vous faire danser seul et vous faire sentir mieux ? The Teenagers. Nous sommes là pour soigner le monde. » The Teenagers, c’est une œuvre de santé publique, pas moins.

« Streets of Paris », une vraie philosophie en soi. « Il doit être environ deux heures du matin et nous prenons des photos. Nous portons des masques de chats. Il n’y a personne, nous ne sommes pas gênés. Les rues de Paris, c’est la folie. Mais voici quatre types à vélo avec des casquettes Nike. Une seule option : foutre le camp, composer le code secret de la maison et rentrer. Ouf, on est en sécurité. » Pour la provoc’, c’est d’accord mais pas à n’importe quel prix. Le courage de la petite frappe de bonne famille ne va pas jusque là.

The Teenagers ont beaucoup d’humour mais à leur manière. Ils ont créé leur « MySpace » mais c’était une coquille vide. Les gogos ont marché et nos « adolescents » dorés, dit-on, se sont servis des remarques de leurs fans pour « composer » « Fuck Nicole », où ils se moquent ouvertement de la fille laissée pour compte. Trop classe ! Aïe, ça va donner à certains l’envie de l’acheter. « Parlez de moi en bien ou en mal mais parlez de moi ». C’est un des principes de la pub.

Si la jeunesse dorée s’éclate comme ça, on peut s’interroger sur le devenir de la société occidentale décadente. Ils sont trois + une fille, qui vient mettre son grain de sel ponctuel, une maso qui aime servir d’objet sexuel avant d’être jetée comme un Kleenex, sans doute + un autre macho qui vient chanter. Par charité, nous tairons leurs noms. C’est dur d’écouter ça plusieurs fois, par conscience professionnelle. Il est étonnant que XL Recordings soit dans le coup. Passez votre chemin.

Pays: FR
Merok / XL Recordings MECD 10
Sortie: 2008/03/17

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