PANIC ROOM – Visionary Position
Panic Room est un nouveau groupe anglais formé de quatre anciens membres de Karnataka. En tout ils sont six dont deux guitaristes. Ils nous offrent ici une musique assez variée qui conserve malgré tout un certain côté progressif.
Au sein de Panic Room, il y a la chanteuse Anne-Marie Helder. Sur un titre tel « Elektra City » qui ouvre l’opus, les tons sont à chercher du côté de Marillion surtout à cause des claviers. La voix de Helder se fait variée. Après cinq minutes plutôt orientée chanson, le titre s’adoucit pour repartir lentement vers une finale prenante emmenée par le piano de Jonathan Edwards. C’est la voix aérienne de Anne-Marie qui introduit « Endgame (speed of life) ». Un violon vient s’y glisser. Puis tout explose, le titre est lancé, puissant avec sa rythmique de fer emmenée par le batteur Gavin John Griffiths et le bassiste Alun Vaughan. La chanteuse y pose sa voix qu’elle travaille admirablement. Ceux qui aiment Magenta devraient adorer.
Viennent ensuite trois titres assez différents. En effet, nous sommes ici plus dans un contexte de chansons plutôt que de morceaux composés de différents tableaux. Le très langoureux « Firefly » sublime la voix de Helder. C’est elle la vedette. Le plus rythmé « Reborn » se fait accrocheur et ferait sans doute un bon single. Encore une fois c’est le chant qui s’impose. Les deux guitaristes Peter Charlton et Paul Davies permettent d’avoir à la fois la guitare acoustique et l’électrique. « Moon On The Water » est une courte respiration, mais une chanson malgré tout, plus banale aussi.
L’album re-décolle alors avec « Apocalypstick » qui débute par des tons légèrement moyen-orientaux avant que la guitare ne pousse un cri déchirant. Le côté oriental revient ensuite, plus intense cette fois. L’ambiance se fait intrigante et mélancolique. « I Wonder What’s Keeping My True Love Tonight? » prend des tons folk. C’est un peu comme une ballade irlandaise dont le violon accentue la tristesse ambiante. La voix d’Helder suit alors la trace de Candice Night. « The Dreaming », comme son titre l’indique, nous plonge en plein rêve. Son introduction planante à du Oldfield dans les veines. Petit à petit l’ambiance se tisse, s’étoffe. Helder se fait alors plus expressive. Elle, qui est multi-instrumentiste, joue aussi de la flûte. Cette longue pièce épique est composée de différents tableaux s’agençant à merveille.
Avec ce premier opus, Panic Room brille par le début et par la fin. Je m’explique. Il y a au centre de cet opus un ventre mou plus banal qui leur permettra peut-être de sortir un single mais qui ne se démarque pas assez face aux productions généralistes actuelles. Par contre, les deux premiers et les trois derniers morceaux, sont nettement plus relevés. Comme ce sont les plus longs, l’album vaut sans nul doute qu’on s’y penche. Et comme c’est leur premier, on ne doute pas qu’ils en tireront les leçons pour l’avenir.
Pays: GB
Firefly Music / Voiceprint
Sortie: 2008/04/21
