TALISMA – Quelque Part
Le groupe canadien Talisma est le projet du bassiste virtuose Donald Fleurent. Après « Corpus » en 2003 et « Chromium« en 2005, voici « Quelque Part ». Mais cette fois, Talisma n’est plus un trio. Ils sont six. Au trio de base, s’est ajouté la chanteuse et pianiste Florence Bélanger, le guitariste Marc Filiatrault et le batteur Alain Boyer. On se sait pas vraiment si c’est pour cet opus uniquement ou si cette collaboration sera prolongée. En tout cas, le style musical a bien évolué.
En virtuose de la basse, Donald Fleurent joue sur différents modèles allant de la 4 cordes à la 12 cordes. Le côté rythmique de son instrument est de la dynamite. Si tout commence par un morceau à l’ambiance bien genesienne, « Basse de Fou » est très explosif. Le très expérimental « Ibliss » nous plonge dans une myriade d’effets en tous genres. Les tons sont noisy et industriel.
Si Florence Bélanger les a rejoint au chant, c’est plutôt pour des vocalises et sur deux titres seulement. Son travail vocal nous fait penser à des groupes tels les anciens belges de Mad Curry ou les anglais de Curved Air voire un groupe quasi oublié Babe Ruth. Ecoutez « Iseult », c’est étonnant et complètement hors du temps. « Quelque Part » est de la même veine, mais en plus aérien, avec un sérieux travail côté guitares acoustiques. Steve Hackett et Anthony Phillips ne sont pas loin.
« L’Aube » fleurte avec le jazz-rock par moments. A d’autres c’est plus tourné vers des envolées, la guitare acoustique tissant l’ambiance, les claviers et la guitare électrique s’y posant tout en imprimant une sorte de marche impressionnante. Ici la référence pourrait être Mike Oldfield. Le très tendu « Od » se répand en une folle mélodie emmenée par une rythmique de fer.
« Astromuz » joue sur des tons spatiaux mais également mystérieux style Tolkien. « Modale » prend des tons hispaniques et jazz-rock. C’est la fête à la guitare acoustique même si la basse mène la danse. « Cassiopeia » laisse échapper des volutes de claviers habillant guitares et basse. Deux titres cachés viennent ensuite. Le premier est plus Crimsonien (plus proche du précédent opus), le second un peu comme « L’Aube » avec des réminiscences Oldfield voire Gandalf.
Bien différent du précédent opus, Talisma abandonne ici les références précédentes. La musique, toujours instrumentale, est plus fouillée mais aussi plus proche d’un progressif mélodique que des terres crimsonniennes. Cet album est sans doute leur meilleur à ce jour.
Pays: CA
Unicorn Digital UNCR-5051
Sortie: 2008/02/15
