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WELLER, Paul – 22 Dreams

Notre évaluation
L'évaluation des lecteurs
[Total: 2 Moyenne: 4.5]

On ne croyait pas Paul Weller capable de changer de cap à ce point-là après avoir écouté le poussif « Studio One Fifty » (2004), le très bon « As Is Now » (2005) et le bon « Catch – Flame! » (2006) et l’avoir suivi pendant une bonne partie de sa carrière. Ce ne sont pas moins de 21 titres que nous présente ici Paul Weller, qui a retrouvé l’inspiration pour ses 50 ans. C’est surtout le mélange des styles qui impressionne sur cet album de très grande qualité.

On y retrouve de la musique psychédélique sur « Light Nights », du funk énergique sur « 22 Dreams », de la musique soul sur « All I Wanna Do (Is Be With You) » et « Have You Made Up Your Mind », des orchestrations majestueuses dues à Simon Dine sur « Empty Ring », un chant de crooner sur « Invisible », un morceau intimiste, du blues jazzy sur « Song For Alice », un excellent morceau plein de vivacité composé par Paul Weller, Simon Dine et Steve Cradock dédié à Mrs. Coltrane, où Robert Wyatt joue du piano et de la trompette, rappelant ainsi un court moment la musique du regretté John Coltrane.

Il y a du jazz sur « Cold Moments », où ses fidèles Steve White (batterie) et Steve Cradock (batterie, guitare et percussions) lui donnent un sérieux coup de main, une courte transition avec « The Dark Pages of September Lead To The New Leaves of Spring », du jazz encore sur le magnifique « Black River », un titre où Graham Coxon, ex-Blur, joue de la batterie, un chant intimiste destiné à son fils et modulé avec émotion sur le doux « Why Walk When You Can Run », un rock énergique comme aux plus beaux jours sur « Push It Along » et une nouvelle transition funky courte sur « A Dream Reprise » où les cuivres se déchaînent et où les effets électroniques sont utilisés à bon escient pour introduire la suite.

On notera aussi les percussions de « Echoes Round The Sun », une composition limite expérimentale et hypnotique co-écrite avec son ami Noel Gallagher (Oasis), qui joue notamment du mellotron, un morceau jazzy avec « One Bright Star », où Weller fait valoir sa voix de crooner et où Simon Dine joue de la mandoline et se charge des orchestrations, une berceuse instrumentale jouée au piano et accompagnée par les cordes qui se transforme en pièce classique sur « Lullaby Für Kinder », un chant doux amer plein d’émotion sur « Where’er Ye Go », un chant parlé sur « God », où il développe un court monologue que l’on devine destiné à la divinité suprême, et où il dit : « Look at you, don’t look at me ».

Morceau d’avant-garde, « 111 » renoue avec la beauté d’un morceau classique entrecoupé d’effets électroniques avec Simon Dine au moog et Steve Cradock au mellotron. Brillant et inquiétant. Sans transition, Weller enchaîne avec « Sea Spray », un rock irréprochable qui comprend des orchestrations remarquables de Simon Dine et enfin, bien amenée, la pièce maîtresse, sorte de point d’orgue : « Night Lights », un long morceau joué en douceur parsemé d’éléments perturbateurs comme le tonnerre, la pluie et les éléments déchaînés. Extraordinaire au sens premier !

On découvre avec délectation de nouvelles qualités à chaque écoute de cet album souvent expérimental qui représente 69 minutes de pur bonheur. Dommage, mais c’est un détail, que les paroles ne sont pas reprises sur le livret. Un chef-d’œuvre inattendu d’un artiste qui compte plus que jamais dans le monde du rock et qui n’a peut-être pas dit son dernier mot.

Pays: GB
Island / V2 1773157
Sortie: 2008/06/02

One thought on “WELLER, Paul – 22 Dreams

  • Tout à fait d’accord, une pièce remarquable.
    Paul Weller nous livre ici toute l’étendue de son talent explorant les genres qui ont marqué sa carrière: le Punk-Rock époque The Jam, le Jazzy époque Style Council et puis ses chansons d’auteur splendides! un bijoux!!
    Un grand retour qui coïncide avec celui d’un autre vétéran de l’époque punk, qui a eu également l’intelligence de ne pas cracher sur la musique de ses prédécesseurs et a su évoluer (également via le jazz) et qui nous a offert une merveille cette année: Monsieur Joe Jackson!

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