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SUPERSISTER – To the highest bidder

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[Total: 2 Moyenne: 3.5]

Esoteric Recordings vient de ressortir un album sorti en vinyl chez Polydor et dont j’ignorais personnellement l’existence (j’avais cinq ans à l’époque !).

Supersister est un groupe néerlandais, de La Haye, qui a sorti cinq albums studios entre 1970 et 1974. Le groupe s’est reformé en 2000 et a réalisé un album live en 2001, à la suite d’un concert à Los Angeles et d’une mini-tournée aux Pays-Bas, le projet de réunification a malheureusement capoté suite au décès du flûtiste du groupe, un DVD correspondant à l’album live est paru en 2006.

La musique que la formation propose est un mélange de Jazz-Rock et de Rock Progressif qui s’inscrit tout à fait dans la lignée de la Scène de Canterbury. Les influences du groupe vont de Frank Zappa ou Soft Machine à la musique classique, en particulier Erik Satie.

Supersister est un quatuor formé de :

  • Robert Jan Stips : claviériste, chanteur et compositeur principal du groupe. C’est un personnage essentiel de la scène néerlandaise, il faut savoir qu’après la dissolution de Supersister, Mr Stips a fondé The Nits, et qu’il a aussi travaillé avec Golden Earring, notamment sur The Cut, album sur lequel figure le hit : « Twilight Zone ».
  • Sacha Van Geest : excellent flûtiste, dans la lignée de Jim Hastings, Andy Latimer, John Hackett ou encore Ian Anderson.
  • Marco Vrolijk : batteur aux accents très jazz, j’y reviendrai un peu plus loin.
  • Ron Van Eck : bassiste, tout aussi jazz, forcément, afin que la section rythmique soit cohérente.

Venons-en à « To the highest bidder », l’album qui nous occupe ! Amateur de Camel et de Caravan, inutile de vous dire que j’ai tout de suite apprécié le Jazz-Rock Canterburyen proposé par nos amis Bataves !!! Du niveau des meilleures productions des deux formations britanniques que je viens de citer. Après deux écoutes, je voulais rebaptiser cet album Mirage part two, ce qui eût été impossible, puisqu’il est paru… trois ans avant le génial « Mirage » de Camel. Petite anecdote : je me suis alors demandé si « Supertwister », composition de Peter Bardens figurant sur « Mirage », ne serait pas un clin d’œil à Supersister. Bingo ! (j’vous jure, j’ai vérifié). Les gars de Camel ont intitulé le morceau ainsi en hommage à leurs amis néerlandais de Supersister !

Le disque est une suite de pièces qui s’inscrivent toutes dans la lignée de Canterbury, mais qui toutes ont un caractère propre (c’est ce qui fait que personnellement, même tardivement, je considère cet album comme indispensable).

1. « A girl named you » : pièce rythmée, très Jazz, après un démarrage en trombe, basse, clavier, batterie, Sacha van Geest nous offre un magnifique thème à la flûte, ensuite on a droit à une espèce d’intermède Gershwinien aux claviers, et puis le morceau démarre, avec la douce voix de Robert Jan Stips, agréable même si lui-même, en toute modestie, déclare ne pas être un vrai chanteur. Le thème du début revient à la fin. De toute beauté !

2. « No tree will grow (on too high a mountain) »: opinion très néerlandaise de l’écologie! Après une intro sombre au possible aux claviers (dans le style Van der Graaf Generator), nous avons droit à une pièce très mélodique et subtile (ce que l’intro ne laisse pas du tout présager, très bel intermède entre le morceau précédent et le suivant.

3. « Energy » : Œuvre symphonique plus swinguante, en plusieurs tableaux, changements de rythme fréquents, solo de batterie et final, quasi apocalyptique aux claviers (un peu trop long à mon goût) qui enchaîne sur « Higher ».

4. « Higher » : aspiration tout aussi néerlandaise (pouf pouf !), une belle petite pièce, toute en légèreté (forcément, pour pouvoir s’élever !), alliant avec bonheur les claviers délicats de Robert et la douce flûte de Sacha.

Les Bonus ne sont pas inintéressants non plus : il s’agit des versions single de « A girl named you » et de « No tree will grow » et de leur face B.

Le premier single est particulièrement intéressant, la version de « A girl named you » est raccourcie à trois minutes et demi (alors que celle de l’album fait plus de dix minutes), sans dénaturer le morceau. La batterie est mieux mise en évidence. Le batteur Marco Vrolijk est également très en avant sur la face B « Missing Link », et quel batteur ! Très jazz, énergique et fin à la fois, un peu à la Guy Evans du Van der Graaf.

Seul regret : au rayon bonus, on aurait pu ajouter le superbe « She was naked », premier single du groupe et qu’Anton Corbijn a fait figurer sur la bande sonore de son film « Control » sur Joy Division et le regretté Ian Curtis. Mais bon, on ne peut pas tout avoir !

Pays: NL
Esoteric Recordings ECLEC2057
Sortie: 2008/05/19 (réédition, original 1971)

2 thoughts on “SUPERSISTER – To the highest bidder

  • Juste une remarque: Robert jan Stips à joué avec Golden Earring sur les 2 albums studio suivants: Switch (1975) et to the hilt (1976). Il a aussi participé comme session man à l’album Hole en 1986. Mais sur Cut seuls les 4 membres de Golden Earring actuel jouent, Jan Stips ayant rejoint The Nits à ce moment-là.
    Eric

  • Robert Jan, s’il a bien joué (et joue toujours ) dans de Nits ,n’est pas un membre fondateur.
    Le Big Boss des Nits est Henk Hofstede et l’autre membre d’origine ,toujours dans le coup; est le batteur ,Rob Kloet.
    Quant à Supersister ,vu lors d’un des premiers Pink Pop (à Geleen ,à l’époque ), il était tout bonnement fabuleux.
    Robert Jan Stips est une icône chez nos voisins,il a même joué dans le INNERSLEEVE de Dany Lademacher.

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