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JUDAS PRIEST – Nostradamus

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Judas Priest est déjà un vieux groupe sur la scène métal. Leur formation remonte à 1967, avant même la naissance de légendes telles Led Zeppelin, Black Sabbath et Deep Purple, bien plus vieux que Iron Maiden donc. Mais c’est en 1970 qu’ils démarrent véritablement et seulement en 1974 que sortira leur premier album. Pour ce second album studio depuis le retour de Rob Halford au chant, le groupe s’est penché sur le cas Nostradamus. Cette fois, ils ont donc composé un concept album très ambitieux. C’est d’ailleurs un double CD.

L’histoire de Michel de Nostredame, devenu Nostradamus, est passée au crible. Né le 15 décembre 1503, le prophète commence des études de pharmacien à l’université d’Avignon. Une fois son diplôme en poche, il rejoint celle de Montpellier où il entame des études de médecine. Il ne les achève cependant pas et s’installe comme pharmacien. Il se marie en 1531 et a deux enfants. Mais la peste frappe, sa femme et ses enfants en meurent en 1534. En 1547, il se remarie et a trois filles et trois garçons de ce second mariage. C’est alors qu’il écrit son premier almanach et change son nom en Nostradamus. Le succès est tel qu’il décide de continuer. Tous les ans il sort ainsi son horoscope. Il est même appelé à la Cour du Roi Henri II. Il décédera en 1566.

Après ce bref passage d’histoire, revenons à l’album. Ce dernier se penche sur les prophéties de notre homme, ses révélations, ses prédictions concernant les guerres et autres catastrophes, la mort, bref beaucoup de choses qui l’entourent à cette époque. Rob Halford soigne particulièrement sa voix sur cet opus. Ses tons varient suivant les moments se faisant tendre ou dur, triste et mélancolique, intriguant même. Il faut dire que l’on passera par des moments de persécution et d’exil pour un homme qui se retrouve souvent isolé dans son époque. Les croyances avaient une grande importance alors. Ses prédictions pouvaient le faire passer pour un sorcier. Halford entre bien dans la peau du personnage et ses capacités vocales illuminent l’album.

Musicalement, cela se présente comme un opéra rock et métal. Les deux guitaristes Glenn Tipton et K.K. Downing font un travail d’orfèvre. Ils se partagent les soli, font même de véritables duels durant « Persecution » et « Nostradamus ». Leurs différences s’unissent pour embellir la toile tissée. La section rythmique du bassiste Ian Hill et du batteur Scott Travis assure une assise parfaite à l’ensemble tant dans les moments doux, souvent mélancoliques, que dans les passages mystérieux et intrigants voire même violents. Les arrangements sont incroyablement soignés. Point de claviers ici mais deux guitaristes qui ne manquent pas d’utiliser les possibilités de leurs synthés guitare.

Les tons et ambiances que l’on trouve sur certains albums d’Alice Cooper se retrouvent aussi sur cet opus. « Death » en est la preuve. Tout y est, voix vibrante et sombre qui possède une expressivité incomparable accompagnée d’accords heavy à souhaits. La mort rôde c’est sûr ! La peste vient de frapper l’homme.

Le livret est aussi une petite merveille. Non seulement il vous conte l’histoire du bonhomme et contient les paroles, mais il est aussi une merveille graphique réalisée par Mark Wilkinson, un artiste qui a déjà quelques chefs d’oeuvres à son actif.

Cet album s’écoute d’une traite. Impossible de faire autrement sans quoi on ne pigerait rien à l’histoire qui ne se fait pas qu’avec les mots mais aussi avec la musique. Un véritable opéra rock aux tons parfois même symphoniques et en tous cas très métal. C’est probablement l’album le plus ambitieux de Judas Priest mais aussi sans doute leur meilleur à ce jour, un petit chef d’oeuvre que ne peuvent manquer les fans. Un MUST de 2008 en matière de métal !

Pays: GB
Sony BMG 88697315592
Sortie: 2008/06/16

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