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HARTLEY BAND, Keef – The Battle of North West Six

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Après un premier album plus que satisfaisant (voir chronique de « Halfbreed ») et publié en 1969, la bande à Keef Hartley remet le couvert la même année avec « The Battle of North West Six ».

Tout au long de son existence, la composition du Keef Hartley Band a souvent fluctué, gardant un trio de base stable constitué de Keef Hartley, Gary Thain et Miller Anderson. Pour ce second album, le claviériste Dino Dines a déjà quitté le navire (on le retrouvera plus tard avec Marc Bolan) et Spit James est en partance. Membre influant sur « Halfbreed » sans être membre effectif, Henry Lowther intègre cette fois pleinement le groupe en compagnie d’un autre souffleur, Jim Jewell. L’incorporation de ces deux derniers musiciens et la présence occasionnelle de six autres souffleurs ne fait que confirmer l’importance croissante des instruments à vent dans la musique de l’ensemble. Le claviériste Mick Weaver fait ici ses premiers pas avec Keef Hartley, mais ne le rejoindra vraiment qu’à partir du quatrième album (voir chronique de « Overdog »).

A l’écoute, ce nouvel album marque une transition. Le « British Blues » des débuts, classique, bien tourné mais sans grande personnalité par rapport à ses concurrents directs, évolue vers un « Blues-Rock » plus moderne et plus diversifié, grâce notamment à la participation de ces nombreux souffleurs, actifs dans l’univers du « Jazz » pour la plupart. Cette participation imposante n’apparaît pourtant jamais écrasante, même si le rôle des guitares devient moins omnipotent. Aux claviers, l’absence de Dino Dines se fait sentir, pas encore bien compensée par la présence de Mick Weaver.

« The Dansette Kid – HartleyJam for Bread » reste dans le moule du premier album, « Halfbreed ». Excellent, cet instrumental est tiré par la guitare de bout en bout, avec, en appui, quelques touches d’orgues et quelques ponctuations des cuivres.

« Don’t Give Up » est une ballade feutrée, finement interprétée par Miller Anderson et richement orchestrée par les cuivres en général et les trompettes en particulier.

Déjà joué chez John Mayall, « Me and My Woman » est une superbe reprise de « Rhythm & Blues », magistralement chantée dans le ton du genre, et où guitares et cuivres rivalisent de talent sur une rythmique idéale, plutôt lente et mécanique.

Nouvel instrumental, « Hickory » est d’une extrême délicatesse, organisé autour du jeu des trois flûtistes, sur un fin tapis de claviers. Sublime !

« Don’t Be Afraid » provient des premiers jours de la bande à Hartley. Il reste donc dans la ligne de « Halfbreed ». Le chant est puissant et les solos à la guitare de Spit James sont flamboyants.

« Not Foolish, Not Wise » retrouve toute la puissance du « Rhythm & Blues ». Ce titre intègre un petit solo de batterie et un bon solo de Jim Jewell au saxophone ténor. Pourtant dans la même ligne, « Waiting Around » ne marque en rien.

« Tadpole » est un savoureux « Blues » instrumental. Mick Weaver est en démonstration à l’orgue, la guitare joue en « slide » et Jim Jewell développe un joli solo de saxophone.

« Poor Mabel (You’re Just Like Me) » est du Lynyrd Skynyrd avant la lettre, depuis le chant de Miller Anderson qui rappelle celui de Ronnie Van Zant, jusqu’aux guitares « slide » et autres, digne de Gary Rossington et Ed King, surtout.

« Believe in You » met en avant le style qui sera à l’honneur dans les deux albums suivants, « The Time Is Near… » et « Overdog ». C’est dans ceux-ci que toute la personnalité du Keef Hartley Band s’affirmera vraiment. Ici, un nouveau seuil est atteint. La composition et son interprétation sont de toute beauté. Le chant de Miller Anderson est particulièrement expressif, le solo de violon de Henry Lowther est rempli d’intensité et tous les autres participants sont marqués par le sceau de l’inspiration et par un grand sens de l’idéal. Superbe !

Vu rétrospectivement, dans l’ensemble de la carrière du Keef Hartley Band, « The Battle of North West Six » paraît à priori plus secondaire. C’est oublié toutes les qualités intrinsèques de cet album de transition. Il quitte un monde et pénètre dans un autre. Chacun de ces dix titres en prend la marque spécifique. Ecouter les albums dans leur ordre chronologique semble le meilleur moyen d’apprécier à leur juste valeur toutes les réalisations du Keef Harley Band.

Les titres (42’02) :

  1. « The Dansette Kid – Hartley Jam for Bread » (Anderson/Cruickshand/Hartley/Thain)(4’03)
  2. « Don’t Give Up » (Anderson/Cruickshand/Hartley/Thain)(4’07)
  3. « Me and My Woman » (Barge)(4’27)
  4. « Hickory » (Anderson/Cruickshand/Hartley/Thain)(2’48)
  5. « Don’t Be Afraid » (Anderson/Cruickshand/Hartley/Dines/Thain)( (4’28)
  6. « Not Foolish, Not Wise » (Anderson/Cruickshand/Hartley/Thain)(3’59)
  7. « Waiting Around » (Anderson/Hartley/Thain)(2’28)
  8. « Tadpole » (Anderson/Hartley/Thain)(7’03)
  9. « Poor Mabel (You’re Just like Me) » (Anderson/Cruickshand/Hartley/Thain)(3’11)
  10. « Believe in You » (Anderson/Hartley/Thain)(5’24)

Les participants :

  • Keef Hartley : Batterie & Percussions
  • Miller Anderson : Guitares & Chant
  • Gary Thain : Basse
  • Henry Lowther : Trompette, Bugle & Violon
  • Jim Jewell : Saxophone Ténor
    +

  • James « Spit James » Cruickshank : Guitares
  • Mick Weaver : Orgue, Piano & Percussions
    +

  • Mike Davis : Trompette
  • Harry Beckett : Trompette & Bugle
  • Lynn Dobson : Saxophone Ténor & Flûte
  • Chris Mercer : Saxophone Ténor
  • Barbara Thompson : Saxophone Baryton & Flûte
    +

  • Ray Warleigh : Flûte (4)
  • Mick Taylor : Guitare (10)

Pays: GB
Esoteric Recordings ELEC2052
Sortie: 2008 (réédition, original 1969)

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