MOORE, Gary – Bad For You Baby
L’album annuel de Gary Moore est arrivé. Après « Close As You Get« en 2007, voici « Bad For You Baby ». Ce guitariste influencé par le Blues étale une nouvelle fois sa grande sensibilité, tant par son chant que par son jeu de guitare au feeling extraordinaire. Gary Moore s’entoure souvent de musiciens interchangeables, parfois de grands noms. Pourtant, cette fois il est toujours accompagné du bassiste Pete Rees et du claviériste Vic Martin. Par contre, il a fait appel au batteur Sam Kelly qui, lui, n’était pas sur l’opus précédent.
Déjà le morceau titulaire est un bel exemple en matière de feeling. Mais il n’y a pas que cela sur ce nouvel opus de Gary. Le rock’n’roll est aussi de la partie. Prenez par exemple « Down The Line ». Chuck Berry aurait pu l’écrire tant il nous renvoie aux racines du rock. On se prend à imaginer Gary en train de faire la fameuse marche du canard du sieur Berry. « Umbrella Man » groove à mort. Ces tons heavy nous replongent dans les seventies.
Après ce démarrage en force, il est temps de nous fournir un titre à la douceur séductrice. C’est ce qu’il fait avec « Holding On ». Sa voix possède ce petit grain qui vous fera fondre et ce n’est pas son solo qui changera les choses. Mais ce moment de douceur est de courte durée, car il emboîte directement sur « Walkin’ Thru The Park », un Blues-Rock intense, mais aussi très classique. C’est un titre de Muddy Waters. Gary reviendra pourtant vite à la douceur. « I Love You More Than You’ll Ever Know » est ce qu’on pourrait appeler le slow qui tue. C’est un morceau de Al Kooper. C’est pourtant vraiment un titre typique de notre guitariste, une merveille de sensibilité et de sensualité comme il sait si bien les faire. C’est la perle de la rondelle qui du long de ses plus de dix minutes vous fera frissonner de bonheur.
Après une telle sensualité, il fallait revenir à un titre groovant. C’est ce qu’il fait avec « Mojo Boogie » (de JB Lenoir), un boogie woogie très roots au solo de guitare bien torturé. S’ensuit le Blues « Someday Baby », autre chanson de Muddy Waters, alternant merveilleusement chant et solo comme d’une seule voix. Nous restons dans le Blues, plus langoureux et mélancolique cette fois, avec « Did You Ever Feel Lonely? ». La guitare répond aux phrases du chant sortant des plaintes qui vous feront jouer de la air-guitar devant votre chaîne hi-fi. Impossible d’y résister, vous verrez.
« Preacher Man Blues » nous entraîne dans le Blues sudiste. Les chants de coton ne sont pas bien loin. L’harmonica pleure ses notes. Encore un grand moment de cette rondelle. C’est « Trouble Ain’t Far Behind » qui a la lourde tâche de terminer l’album. Il le fera tout en douceur avec un slow blues comme on n’en fait plus de nos jours.
Si cet opus est du Gary Moore pur, sans grandes nouveautés, il est malgré tout meilleur que ses derniers albums sortis. Il ravira donc ses fans qui apprécieront son grand feeling dans un album varié, mais très cohérent. Très proche des racines du blues, voilà un artiste qui ferait une excellente tête d’affiche pour le prochain Spring Blues Festival d’Ecaussinnes. Si les organisateurs pouvaient nous entendre… Plus cher peut-être, mais la grande foule devrait être au rendez-vous avec une telle pointure.
Pays: GB
Eagle Records EAGCD379
Sortie: 2008/10/03
