MARTIGAN – Vision
Fondé en 1994 par le claviériste Oliver Rebhan, Martigan est un groupe allemand qui aime les longues plages aux structures élaborées, aux arrangements complexes, aux belles mélodies et aux atmosphères captivantes. Leur premier album est sorti en 1996 déjà, et le plus récent, « Man of the Moment », datait de 2002. Sept ans plus tard et un nouvel opus, et voilà que le groupe se montre sous son meilleur jour. Osons le dire, ceci est un chef d’oeuvre !
Ce qui frappe d’emblée chez Martigan, c’est la voix du chanteur Kai Marckwordt aux influences génésiennes, avec un brin de Fish dans les cordes. Le rock progressif qu’ils proposent nous fait tantôt penser à IQ à cause des belles envolées de la guitare de Björn Bisch, tantôt à Pallas, Galahad voire même Arena pour les arrangements puissants et la voix profonde et captivante. Les synthés virevoltent allègrement n’hésitant pas à alterner les interventions solo avec celles du guitariste. Quant à la section rythmique du bassiste Peter Kindler (qui a depuis quitté le groupe et est remplacé par Oliver Baumann) et du batteur Alex Bisch, elle se révèle souvent créative.
Si le début de l’album avec « Boatman’s Vision » peut sembler trop imprégné de ses influences, c’est au fil de l’eau que cet opus prend son envol, devenant de plus en plus intense. Il faut prendre l’ensemble comme un concept. Le groupe révèle alors toute sa créativité, toute sa puissance. Dès le second titre « Craze This Town », la magie opérera déjà sur vous. Le jeu de voix est superbe et le solo de guitare est digne d’un Steve Rothery, d’un Michael Holmes ou d’un John Mitchell. On appréciera aussi le côté Floyd du court « Snapshots ».
« Touch In Time » permet au chanteur de faire exploser son expressivité alors que le guitariste nous fera fondre une fois de plus. « Much More » est peut-être le morceau le plus proche d’un Marillion époque Fish, avec comme un dialogue entre claviers et guitare. L’album se termine ensuite avec deux pièces monumentales, l’une de onze minutes (« Red & Green »), l’autre de vingt minutes (« The Contract »). « Red & Green » met à nouveau la section rythmique en avant. Les claviers y ajoutent des arrangements raffinés bourrés d’effets. L’ambiance se tend. « The Contract » débute en toute simplicité emmené surtout par le chant. Ensuite, petit à petit, la sauce monte, la guitare pleure, des frissons vous parcourent l’échine, un passage piano/chant d’une grande douceur séduit, et c’est l’envolée finale absolument superbe à laquelle il est impossible résister.
Le livret est aussi une belle démonstration du concept. Il joue sur des peintures montrant des masques ou des visions subaquatiques. Parfois c’est à vous à découvrir ce qui est représenté. Sans oublier les paroles qui vous permettront de suivre le concept.
Ce quatrième album de Martigan ravira les amateurs de rock progressif mélodique. Les fans de IQ, Pallas, Galahad, Arena, Marillion, Fish seront aux anges devant la créativité des compositions du combo, la qualité des arrangements et de la production, et l’incroyable voix de leur chanteur. A découvrir sans tarder !
Pays: DE
Martigan 4022085400335
Sortie: 2009/01
