ADICTS (The) – Life goes on
Les Adicts sont le groupe punk anglais le plus ancien (ils existent depuis 1975), le plus endurant (ils n’ont jamais cessé de tourner et possèdent encore leurs membres d’origine) et le plus inconnu (ils se sont toujours effacés devant les Sex Pistols, Clash, Damned et autres Buzzcocks qui se sont partagé le gâteau de la légende à leur place). Cette injustice profonde se doit d’être corrigée devant la qualité constante de leurs disques dont le dernier en date, « Life goes on », ne faillit pas à la tradition.
Sorti sur le label People Like You, ce onzième album des Adicts met toujours en lice Keith « Monkey » Warren (chant), Mel Ellis (basse), Pete Davison (guitare), Michael « Kid Dee » Davidson (batterie), John Ellis (guitare) et Dan Gratziani (violon) et leurs déguisements de petits voyous directement sortis d’Orange Mécanique. Ici encore, les Adicts nous réservent une nouvelle livraison d’une douzaine de titres tout en hymnes adolescents tapageurs, en murs de riffs binaires et en ambiances de grosses fiestas d’après match de foot. Simple et fêtard, le punk des Adicts, agrémenté d’une petite touche mélodique, ne cherche pas la complication mais plutôt le divertissement bon enfant, entre refrains idiots (« Reaky deaky boys and girls »), explosifs acidulés (« I’m not scared of you ») ou transgression des plates-bandes Ramones (« Over there »). Dans une trame qui a un peu tendance à se répéter, on trouve cependant des idées de riffs énormes (« The whole world’s gone mad », « Full circle ») et des aventures dans des morceaux cool à la Sparks (« Gangster ») ou à la Gary Glitter (« Mr. Dice man ») et même un exercice de ska forain avec « Mr. Hard ».
Les Adicts se font prendre en flagrant délit de vol avec un « We ain’t got to say » qui démarre tout simplement comme le « Substitute » des Who, après tout les inspirateurs initiaux de la chose punk. Ils piquent aussi la fameuse maxime du docteur Timothy Leary, apôtre du LSD comme vecteur de la révolution humaine dans les Sixties, avec son « Tune in, turn on, drop out ».
Pas de politique donc avec cet album mais plutôt du cirque punk, de la jonglerie dynamique ou de l’acrobatie électrique qui font sautiller sur place dans un pur esprit de poilade et de déconne. Après tout, de temps en temps, il faut bien se détendre un peu avec l’esprit des Toy Dolls et oublier la prise de tète de l’esprit des Clash.
Pays: GB
People Like You Records Prison 188-2
Sortie: 2009/08/24
