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TABULA SMARAGDINA – A Szavakon Tul

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Tabula Smaragdina signifie en latin table d’émeraude, un des textes les plus célèbres de la littérature alchimique. « A Szavakon Tul », ça c’est du hongrois et veut dire « derrière les mots ». Le groupe, formé en 2002, est en fait un projet parallèle du guitariste et leader de Yesterdays, groupe appartenant à la minorité hongroise de Roumanie et dont j’ai eu le plaisir de vous chroniquer le très beau cd « Holdfenykert » en août 2008.

Il s’agit d’un trio emmené par le monsieur précité, alias Bogáti-Bokor Ákos aux guitares, basse, piano, mellotron, chant et tambourin, Krivánik Dániel (synthétiseurs, piano, mellotron…) et Zsigó László (batterie et percussions) complétant la formation. L’essentiel de l’album est composé et écrit par Bogati, mais chacun apporte sa pierre à l’édifice, y compris un bassiste, Turi Tamás, qui joue sur « My Electric Cat » et qui a notamment composé le superbe morceau de guitare acoustique qui introduit l’album, « Amethyst », dans un style très Steve Hackett qui rappelle Yesterdays.

La suite explore de nombreuses facettes de la musique progressive passée et contemporaine. Marillion tout d’abord sur la deuxième plage, rappelant le grand « He Knows You Know » de l’album « Script For A Jester’s Tear », avec une touche de synthés à la Tony Banks. Une Rythmique très proche de Yes soutient l’essentiel du disque. Sur « Tél » (« Hiver »), la guitare se fait plus métallique, proche de Tool, on n’est pas loin non plus de King Crimson. King Crimson, Yes, pas étonnant de voir Bill Bruford figurer dans les rangs des idoles de nos amis Magyars. Nous nous rapprochons ensuite de Yesterdays avec son petit accent Everything But The Girl.

Voici « Naplemente », superbes arpèges acoustiques, jeu en picking rappelant furieusement les compos de notre ami Jacques Stotzem. Une petite touche de synthés à la Banks et la douce voix de la chanteuse Antal Karola en duo avec Bogati, de toute beauté ! On n’est pas loin non plus des Kings Of Convenience. Retour à du quasi Yes, basse proche de Chris Squire et guitare à la Steve Howe sur « My Electric Cat ». Le titre suivant part du même style pour se rapprocher du Genesis de « Wind And Wuthering ». On enchaîne avec un peu de pop façon Sting, avec l’aide du saxophone soprano de Makkai István. Retour à un riff un peu plus musclé qui rappelle l’époque Fish de Marillion. On terminera avec la plage titulaire, belle ballade faisant penser à Suzanne Vega, accompagnée d’un groupe prog, très belle partie de piano pour ouvrir et clôturer la chanson, ce qui ne gâche rien, et un petit côté Kayak au synthé.

Beaucoup de traditionnel, convenons-en, mais belle promenade explorant de nombreux styles. Un bel album, même si le chant en hongrois nous le rend par moments un peu hermétique (comme le nom du groupe le laisse entrevoir). En tout cas, les compos sont très agréables, et le jeu des musiciens est tout bonnement excellent.

Pays: RO
Musea Parallèle MP 3091
Sortie: 2009/12

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