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THY DISEASE – Anshur Za

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Il semblerait qu’en 2010, la Pologne ait décidé d’exporter vers nos contrées tout ce qu’elle produit actuellement de plus extrême, de plus avant-gardiste voire même de plus original. Ainsi, après Rootwater, Proghma-C et Votum, c’est au tour de Thy Disease de tenter sa chance sur la route tracée jadis par Vader et Behemoth.

Si son nom n’évoque pas grand-chose pour nous, le quatuor originaire de Cracovie n’en est pas pour autant un groupe de débutants puisque sa première démo, répondant au nom évocateur de « Art Of Decadence » fut éditée, en Pologne, il y a déjà plus de dix ans. De 1999 à nos jours, Thy Disease enregistrera cinq albums dont les sorties seront principalement réservées au marché est européen : « Devilish Act of Creation » en 2001, « Cold Skin Obsession«  en 2002, « Neurotic World Of Guilt » en 2004, « Rat Age (Sworn Kinds Final Verses) » en 2006 et finalement « Anshur-Za » en 2009. C’est armé de ce dernier méfait que le groupe, appuyé par son nouveau label Mystic Production (distribué chez nous par Suburban) se lance aujourd’hui à la conquête du monde.

Pour annexer de nouveaux territoires, certains utilisent la finesse et la diplomatie. Ce n’est manifestement pas l’intention de Thy Disease. Pour nos Polonais, rien de tel qu’un bon vieux char panzer, une arme de destruction massive, ou à défaut, un bon coup de poing dans la tronche. C’est pourquoi sa musique marie, pour le meilleur et pour le pire (souvent le meilleur d’ailleurs), le death/black metal d’un Behemoth (pour prendre une autre référence locale) et le métal industriel déshumanisé qui a fait la gloire des Américains de Fear Factory.

« Blame », le premier titre de l’album (dont il faut se méfier de l’introduction faussement zen si l’on veut se préparer à la déflagration qui va suivre) se décline comme une version extrême de la musique que proposait Laibach sur son album « Jesus Christ Superstar ». Cette impression reviendra d’ailleurs plusieurs fois pendant l’écoute d’« Anshur-Za ». Ceci est probablement dû au son énorme des guitares, aux samples électroniques et surtout à la voix de Cube qui, si elle évoque souvent celle de Shagrath (Dimmu Borgir), fait aussi penser, par moment, à celle de Milan Fras (Laibach).

Bien que foncièrement rentre dedans, la musique de Thy Disease n’est pourtant pas dépourvue de nuances. Les samples qui, comme les vocaux, sont l’œuvre de Monsieur Cube sont vraiment inventifs et s’intègrent à la perfection dans ce melting-pot de démonstrations de violences musicales. Monsieur Cloud, qui s’occupe de la batterie semble être un énervé de première. Sur « Collateral Damage », par exemple, le doux dingue semble si excité qu’on a l’impression qu’il ne joue pas le même morceau que les autres. Pourtant, il faut avouer que ce mélange de blast beats et de riff mid-tempo crée un effet décalé agréablement saisissant.

Le besoin évident qu’a le groupe de tout détruire sur son passage afin de reconstruire un monde lui correspondant mieux le conduit à réinterpréter à sa manière deux hits connus de tout un chacun. C’est ainsi qu’il fait sonner le « Sinner » de Depeche Mode comme le « Ceremony Of Opposites » de Samael et qu’il reprend, dans un style gothique/death/symphonique, le « Frozen » de Madonna qui, il faut l’admettre, s’y prête plutôt bien.

Recommandé aux fans de musiques extrêmes à l’esprit ouvert.

Pays: PL
Mystic Production MystCD 110
Sortie: 2010/04/19

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