GAUTHIER, Mary – The Foundling
Après « Genesis (The Early Years)« , sorti en 2008, qui compilait ses trois premiers albums aujourd’hui épuisés, Mary Gauthier revient cette fois avec un nouvel opus produit par Michael Timmins (Cowboy Junkies). Il s’agit, et c’est une première pour elle, d’un concept album. Le sujet est sa vie. Il faut dire que Mary n’a pas été épargnée. Abandonnée à sa naissance par sa mère, elle est adoptée par un couple de Baton Rouge. Son père adoptif est alcoolique, sa mère adoptive était dépressive, et les deux étaient suicidaires. Pas étonnant qu’un beau jour, elle ait pris la poudre d’escampette et erré le long des routes, abusant de toutes sortes de choses, squattant de ci et de là, passant même par la case prison.
Ce nouvel album est donc peut-être celui d’une page qui se tourne enfin. Dans la lignée de ses modèles que sont Bob Dylan, Joni Mitchell, Neil Young, Leonard Cohen, Willie Nelson et même Patti Smith, elle nous relate une vie passée truffée de rebondissements.
Dans le mélancolique « The Foundling », à la tristesse accentuée par l’accordéon, elle nous conte son histoire, l’histoire d’un bébé non désiré, abandonné sur le pas d’une porte. C’est le dépouillement pour évoquer sa mère absente (« Mama Here, Mama Gone »). Elle adopte des tons Country pour « Goodbye » et se fait plus Blues sur « Sideshow » qui fleure bon les rives du Mississippi et les rues de Bourbon Street. « Interlude 1 » est d’une très grande intensité. Il n’est pas sans rappeler certaines ambiances d’un nommé Peter Gabriel. Le violon est déchiré pour ce grand moment de l’album à écouter absolument !
Née le 11 mars 1962, elle en parle dans la chanson du même nom. Le violon pleure pour cet autre grand moment intense ! Mary nous captive tout en nous contant son histoire, celle du jour de sa naissance, celle du jour de la sortie du premier album de Bob Dylan, son Maître. Le Blues imprègne « Walk in the Water », le violon pleure. Elle se fait lancinante sur « Sweet Words », évoque son statut d’orpheline sur « The Orphan King » et nous offre un peu de Country sur « Another Day Borrowed ».
Pas de doute, Mary Gauthier est une songwriter de grand talent. Si vous aimez Dylan, vous ne pouvez manquer cet album. Vous pourrez également vous pencher sur son précédent opus studio « Between Daylight and Dark » produit par Joe Henry.
Pays: US
Proper Records / Rough Trade
Sortie: 2010/05/17
