SOLISIA – Ordinary Fate
L’Italie commence à être aussi réputée pour la qualité de ses formations métal progressives que pour celle de ses pizzas. Nous avons déjà pu constater, à maintes reprises, la passion transalpine pour le métal aux instrumentations compliquées et aux structures alambiquées. Nous avons même encore en mémoire les excellents albums de DGM, Astra, Ashent ou Farther Paint. A cette liste (non exhaustive) il faudra désormais ajouter le nom de Solisia.
Solisia est né, en 2006, de la rencontre fortuite entre le Wilson Di Geso (claviers) et Marcantino Quinto (batterie). A cette épine dorsale vinrent se greffer le guitariste Gianluca Quinto et la chanteuse Marilena Stigliano. Il manquait encore quelqu’un pour occuper le poste de bassiste. La tâche fut confiée à l’un des meilleurs du marché progressif italien : Andrea Arcangeli, le quatre-cordiste de DGM. En 2008, une démo bien accueillie par la presse mena le groupe à signer un deal avec le label Underground Symphony.
Coup du sort, le premier opus « Ordinary Fate » à peine sorti, Solisia annonce sur sa page MySpace qu’il a décidé de se séparer de sa vocaliste. Pas de bol. Surtout que nous comptions vous dire beaucoup de bien de la donzelle. Pas facile de comprendre cette décision surprenante. Peut-être était-elle trop jolie ? Son timbre chaud et grave était-il trop agréable à écouter ? Ou alors était-ce sa capacité à chanter des refrains immédiats et entraînants qui dérangeait le groupe ? Dommage en tout cas, puisqu’en virant Marilena, Solisia se débarrasse, à notre humble avis, de son plus gros atout. Enfin bref, Marilena, c’est du passé, il ne nous reste qu’« Ordinary Fate » pour pleurer. Solisia, quant à lui semble avoir déjà fait son deuil puisqu’il a déjà trouvé la remplaçante : une créature plutôt jolie répondant au doux nom de Medea. Celle-ci semble, elle aussi, avoir un bagage vocal important. Les quelques titres solos proposés en écoute sur sa page MySpace sont d’ailleurs plutôt prometteurs pour l’avenir du groupe.
Revenons-en donc à « Ordinary Fate », puisque c’est lui qui nous intéresse. Pour faire court, c’est une réussite. La production est excellente. Chaque instrument s’y entend de manière distincte. La guitare arrache, la basse décape, la batterie percute tandis que le clavier tempère le tout. Bien qu’il s’agisse à l’évidence d’un album de métal progressif, les compositions sont d’une longueur raisonnable, permettant à l’auditeur de garder une attention soutenue. Il fallait s’en douter, l’influence de Dream Theater est palpable. Elle est cependant modérée par la propension du groupe à créer de véritables chansons plutôt qu’à se lancer dans d’inutiles démonstrations techniques. Comme nous l’avons dit plus haut, la voix de Marilena (snif) est chaude et plutôt grave. Ses lignes vocales mélodiques, accrocheuses et pleines d’émotions pourraient convaincre l’amateur d’A.O.R musclé aussi bien que le fan de métal progressif.
Un album superbe, un groupe (et une chanteuse) à tenir à l’oeil.
Pays: IT
Underground Symphony US CD-110
Sortie: 2010/01/26
