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GYNGER LYNN – Baby’s Gone Bad

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On ne le répétera jamais assez : le grunge a fait autant de tort à l’industrie cosmétique qu’à l’industrie musicale. Fin des années quatre-vingt, Nirvana, Soundgarden et consorts réinventent le cheveu gras et la peau boutonneuse. Finies les coiffures peroxydées et permanentées, au placard le maquillage. Fini aussi tout ce qui était fun, sleaze et glam. Le grunge c’est triste et c’est terne comme un cheveu sans le beurre de karité.

Chicago, 1989. Jim Stuppy (basse) rencontre Dean Pressley (chant et guitare). Une seule après-midi passée à discuter musique leur suffit pour prendre la décision de former un groupe. Ils recrutent Will Hair (guitare lead) et Frank Paul (batterie), répètent quelques semaines, enregistrent deux démos et l’affaire est faite. Gynger Lynn (NDR : le nom du groupe est inspiré par celui d’une porn-star de l’époque) est prêt à conquérir la scène de Chicago. Le groupe fait ses classes en ouvrant pour Doro, Tony MacAlpine, Tuff, Lillian Axe, Helix ou Blue Oyster Cult. Peu après, Frank quitte le groupe pour se consacrer à d’autres projets. Il est remplacé au pied levé par Luke James Lorraine. Gavin Jadwin (claviers) vient alors étoffer le son de la formation. Le groupe, alors au top de sa forme, joue huit concerts par mois en moyenne. Ses prestations sont survoltées et arrosées à la bière. Les jolies filles s’y bousculent. Bref, pour Gynger Lynn, il fait bon vivre au rythme fou du ‘Hair/Sleaze/Glam Rock style’.

1993. L’album est enregistré. Malheureusement, l’industrie du disque est devenue allergique au fun et au rock’n’roll. Comme beaucoup d’autres à l’époque, Gynger Lynn ne survit pas à l’ouragan venu de Seattle. 1994, après cinq années de fête, de concerts et sans espoir de sortir le moindre album, Gynger Lynn s’éteint dans l’indifférence générale.

2009. Quinze ans ont passé. Le grunge est un enfant mort-né. Le label Eonian Records, basé à Chicago, est bien décidé à réparer certaines injustices du passé. Il réédite dans un premier temps les enregistrements démo du groupe sous la forme d’un CD éponyme. Nous sommes en 2010 et l’album « Baby’s Gone Bad » est enfin publié. Quinze ans après son enregistrement. Il était plus que temps !

Ceux et celles d’entre vous qui ont jadis flashé sur la musique de L.A. Guns, de Lilian Axe, d’Enuff’Z’Nuff et de Poison (NDR : la voix de Dean Pressley est le croisement parfait entre celles de Donnie Vie et de Bret Michaels) se doivent de soutenir la cause d’Eonian Records en achetant, cet excellent « Baby’s Gone Bad ». Ils permettront peut-être à Gynger Lynn d’atteindre enfin la place qui aurait dû être la sienne au panthéon de rock stars.

Sorti quelques années plus tôt, « Baby’s Gone Bad » aurait probablement fait un carton aux USA. Des titres rock ‘VanHaleno-Aerosmithien’, des refrains ‘Beatlesiens’ et de jolis ‘attrapes-meufs’ en forme de ballades ; tout y était, sauf le timing.

Pays: US
Eonian Records ER00013 / Fastball Music
Sortie: 2010/07/13

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