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TROUT, Walter – Common Ground

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37 ans de carrière, ancien pensionnaire de Canned Heat et John Mayall, vingt ans de carrière solo, vingt albums : le CV de Walter Trout donne le vertige. On s’assoit donc et on écoute religieusement ce que le bonhomme a à dire. Et en matière de blues, le bon Walter en connaît un rayon. Son dernier album « Common ground » en déborde, sous toutes les formes et toujours avec une classe folle.

Dès « May be a fool », on voit arriver les grosses guitares, le 12-mesures lâché en jet continu et la grosse voix dont les cordes vocales ont été carénées au Jack Daniel’s. Pas de doute, c’est du blues, du vrai, avec du rock, en plus. Le jeu se calme déjà avec « Open book », belle ballade introspective toute en émotion et en sincérité. Walter Trout, qui sent que ces belles chansons calmes et bien brodées peuvent plaire au public, nous en remet donc deux autres à la suite, « Her other man » et « Common ground ».

On passe alors à une revue de détail sur la façon d’accommoder le blues, soit à la sauce funky (« Danger zone »), soit avec un nappage country (« Hudson had help ») et bien sûr à l’étuvée rock puissamment électrifié (un « Loaded gun » qui rend fou).

Après, c’est comme une bonne séance de sport : il faut alterner les périodes d’effort avec des phases de décontraction. On se remet donc les pieds en éventail et le romantisme au beau fixe avec « Song for my guitar », encore une ballade ayant passé le contrôle technique, puis un « Eyes of a child » tout en électricité suave, avec un orgue directement sorti de chez Booker T & The MGs. On ne va pas se remettre à foncer tout de suite, mais Walter Trout nous ménage une transition aux petits oignons avec un mid-tempo sulfureux du nom de « No regrets ».

Et voilà le sprint final sur la dernière ligne droite avec une accélération qui nous fournit une course sur le rythme binaire et impérial de « Wrapped in the blues ». Le fantôme de Stevie Ray Vaughan n’est pas loin, ici. Enfin, on reprend son souffle avec un slow tout en intensité et en guitares saillantes (« Excess baggage »).

Voilà, l’entraînement est terminé, on s’est refait le plein de blues et on a à nouveau la pêche. Pêche à la Trout, bien sûr.

Pays: US
Provogue PRD 7302 2
Sortie: 2010/07/05

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