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MAGNIFICENT BROTHERHOOD (The) – Dope idiots

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Bien avant les punks de 1977 existaient les punks de 1966. Ces derniers ne portaient pas des coupes d’iroquois, mais des chemises à fleurs, des coupes de cheveux au bol et des costumes rayés à quatre boutons. Aux États-Unis, ils furent ceux qui pavèrent la route au psychédélisme triomphant en 1967-68. Mais il ne fallait surtout pas les confondre avec des hippies : ces types avaient de l’énergie et de la colère à revendre, mais ne détestaient pas non plus un petit voyage dans la quatrième dimension grâce à des substances plus ou moins licites.

La myriade de groupes qui poussèrent par-ci par-là dans l’Amérique des Sixties avait quelques leaders : les Seeds, les Electric Prunes, les Remains, Music Machine, Count Five, les Barbarians, les Sonics, Chocolate Watchband, Standells, Moving Sidewalks et bien d’autres. Ces groupes très underground de leur vivant connurent une reconnaissance tardive avec la fameuse compilation « Nuggets » mise sur pied en 1972 par Lenny Kaye, futur guitariste de Patti Smith. Depuis cette époque et surtout à partir des années 80-90, les nostalgiques de ce style de rock se sont multipliés : on ne présente plus les Fuzztones ou les Chesterfield Kings, les plus grands d’entre eux, qui ont quasiment reconstitué en laboratoire ces mélodies électriques et fuzzy qui étaient l’apanage des groupes garage punk des années 60.

Le mouvement peut se réjouir, car de nouveaux descendants reprennent le flambeau et remettent sur le circuit de nouvelles chansons inspirées du garage originel. Parmi eux, The Magnificient Brotherhood, un groupe allemand dont les membres semblent avoir été coincés dans une faille spatio-temporelle allant de mars 1966 à février 1967. Leur deuxième album « Dope idiots » est une petite merveille de néo-garage psychédélique qui fait montre d’une connaissance approfondie de la question garage punk sixties.

Dès « I want you », on a l’impression de découvrir une chanson de Music Machine restée inédite pendant 45 ans. Orgue Farfisa, pédales fuzz, guitares Fender Jazzmaster récupérées au marché aux puces, tout est authentique. Chaque chanson en rappelle une autre, d’époque. On voit ressurgir les Electric Prunes, les Seeds et les Standells. Électricité pimpante, dynamisme poussé, refrains simplets, tout nous renvoie à l’époque où on ne se prenait pas la tête plus que ça et on chantait les filles, les cheveux longs, les mobylettes et les derniers boots en daim à la mode.

The Magnificent Brotherhood est tellement classique et simple qu’il en devient génial. Il ressuscite encore une fois l’esprit rock ‘n’ roll, impose comme une évidence que le rock n’est jamais aussi formidable que quand il est simple et énervé. Espérons qu’il donnera l’exemple et qu’il suscitera de nouvelles vocations, lancera sur les routes de nouvelles bandes de jeunes qui cultiveront à nouveau l’esprit d’insouciance et de rébellion bon enfant qui n’aurait jamais dû disparaître de notre monde moderne.

Pays: DE
World In Sound WIS 2606
Sortie: 2010/10/09

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