ROBILLARD, Duke – Passport to the blues
Né en 1948, Duke Robillard est depuis près de 40 ans une figure du blues. Il forme son premier groupe au collège, dans son Rhode Island natal, puis il est à 19 ans dans Roomful Of Blues, un groupe qui accompagne les légendaires Big Joe Turner et Eddie Vinson à la fois sur scène et en studio. Robillard reste une douzaine d’années avec Roomful Of Blues puis part jouer avec Robert Gordon, un des maîtres du rockabilly. Il figure également sur des enregistrements du Blues Band, le groupe accompagnateur de Muddy Waters.
Fort de cette expérience et adoubé par les plus grands, Duke Robillard mène son propre groupe jusqu’en 1990, au moment où il remplace Jimmy Vaughan (le frère de Stevie Ray) au sein des non moins fameux Fabulous Thunderbirds. En 1993, Duke Robillard obtient du label Virgin la possibilité d’éditer un album de blues pur. Ce « Duke’s blues » (1996) sort d’abord localement au Canada sur le label Stony Plain mais rencontre un tel succès que Virgin décide de le distribuer mondialement.
C’est avec le label Stony Plain que Duke Robillard sort ses récents albums solos. Il en a onze sur ce label, sans compter un album fait avec Ronnie Earl et un autre avec le New Guitar Summit. Ceux-ci viennent s’ajouter à l’impressionnante discographie du bonhomme, qui réalise cette année son 25e album.
Ce « Passport to the blues » porte réellement bien son nom puisqu’il nous embarque dans un voyage bien excitant au pays du blues, avec une douzaine de morceaux tous aussi excellents les uns que les autres. On sent ici une facture classique dans ce blues qui aurait pu avoir été écrit par Willie Dixon. Duke Robillard parsème ses chansons de solos énergiques et inspirés, tandis que la section rythmique swingue de tout son être. Avec Doug James (saxophones), Bruce Bears (claviers), Brad Allen (basse) et Mark Teixeira (batterie), Duke Robillard enfile les morceaux bien enlevés (« Workin’ hard for my uncle », « Fatal heart attack »), du jazz boogie de bastringue (« Hong Kong suit »), du blues funky (« Blues train »), du rock ‘n’ roll ancestral (« Girl let me tell ya ») ou du pur retour aux sources (« Rhode island red rooster »). La voix de Duke Robillard sonne parfois comme celle d’Howlin’ Wolf, autant dire que tout est parfait dans cet album. Voilà un passeport qui nous fera voyager loin.
Pays: US
Dixiefrog DFGCD 8694
Sortie: 2010/08/20
