ACID DRINKERS – Fishdick zwei / The dick is rising again
Les Acid Drinkers en Pologne, c’est un peu comme les Scorpions en Allemagne, Baron Rojo en Espagne, Trust en France ou Omega en Hongrie : le groupe de hard rock national incontournable. Formé en 1986 à Poznan, Acid Drinkers est devenu la référence polonaise du thrash metal, amoncelant les disques et collectionnant les récompenses. Sur la cheminée de Tomek « Titus » Pukacki (chant et basse), Darek « Popcorn » Popowicz (guitare), Maciek « Ślimak » Starosta (batterie) et Wojciech « Jankiel » Moryto (guitare et chant) trônent trois statuettes Fryderyk (l’équivalent polonais des Grammy Awards) obtenues en 1998, 2000 et 2004. Hissés au top 5 des meilleurs groupes polonais des années 90 par la presse nationale, les Acid Drinkers sont des figures populaires des festivals polonais qu’ils ont soit faits en vedette ou en ouverture de combos fameux comme Deep Purple, Bruce Dickinson, Megadeth, Sepultura, Paradise Lost ou Slayer.
Pour leur quinzième disque en date, les Acid Drinkers nous ont préparé quelques petites surprises puisqu’ils se fendent d’un album de reprises pas piqué des hannetons. L’éclectisme est le maître mot, c’est le moins qu’on puisse dire, puisque la bande de Titus Pukacki a décidé de rendre hommage à des formations aussi diverses et contradictoires que Johnny Cash, Slayer, les B-52’s, Metallica, Joe Dassin (oui, vous avez bien lu), les Red Hot Chili Peppers, les Rolling Stones, Kiss, Frank Sinatra, Thin Lizzy, Black Sabbath ou Donna Summer (rien que ça!).
Nous tenons ici le parfait disque pour les surprises-parties réussies, le truc à placer entre un slow de Richard Cocciante ou un titre d’Abba. Le « Hot stuff » de Donna Summer en version thrash metal remplacera efficacement « Alexandrie, Alexandra » de Claude François et le « New York, New York » de Sinatra pulvérisera les tympans des belles-mères qui se seront fait prendre au piège.
Blague à part, quand il s’agit de rendre hommage aux vrais groupes de rock avec les reprises de Thin Lizzy (« Bad reputation »), Led Zeppelin (« Bring it on home »), Rolling Stones (« 2000 man »), Red Hot Chili Peppers (« Blood sugar sex magic »), les Acid Drinkers sont au rendez-vous et pilonnent dans les règles. Ils se laissent parfois aller à la drôlerie pure, par exemple avec cette reprise du « Seasons in the abyss » de Slayer qui commence réglementairement de façon inquiétante et bifurque soudainement vers la country la plus délurée. Ce sera sans doute un choc pour les adorateurs de Slayer mais un bon moment de rigolade pour les autres. Rassurez-vous, Metallica et son « Nothing else matters », sont également tournés en dérision, ce qui rétablit l’équilibre entre les deux géants du thrash américain.
C’est d’ailleurs le fun qui préside aux destinées de cet album et qui rend irrépressible le besoin d’en faire l’acquisition, à la fois pour réécouter de nouvelles interprétations de titres rock qui tuent et pour se fendre la pêche en découvrant Joe Dassin version hard rock ou une adaptation thrash punk du « Ring of fire » de Johnny Cash.
Pays: PL
Mystic Records MYSTCD 133
Sortie: 2010/11/08
