RANDOM TOUCH – Reverberating Apparatus
Ce trio américain basé près de Chicago dans l’Illinois ne manque pas de persévérance. Depuis 1999, il publie avec une régularité remarquable des enregistrements qui ont tous comme point commun leur difficulté d’accès. « Reverberating Apparatus », leur quatorzième, ne déroge pas à la règle.
Au départ, le désir des trois lascars consistait à revisiter la Fusion de leur jeunesse, en tenant compte de leur parcours artistique et de leur volonté absolue d’expérimentation et d’exploration durant ses quarante dernières années.
À l’écoute, cet objectif est atteint à un point tel qu’il ne subsiste que peu de traces réellement identifiables de leurs références originelles citées (Miles Davis, Jimi Hendrix, Frank Zappa, Weather Report, Roxy Music, Charles Ives, Bela Bartok).
Parmi ces douze titres, aucun n’accroche vraiment. Pourtant plus construits qu’il n’y paraît au départ, leur écoute finit rapidement par fatiguer. Les causes sont multiples. On citera l’absence de fluidité, le manque de direction claire, la sensation de désordre organisé, un certain brouhaha instrumental. En supplément, divers styles se côtoient sans vraiment fusionner : Fusions Jazz-Rock, Musique Contemporaine, Musique Électronique, Avant-garde, Brutisme, …
Excellent technicien, le batteur reste le plus abordable et, somme toute, le plus classique dans son jeu. Chez lui, l’influence de la Fusion Jazz-Rock prédomine nettement. L’environnement déstructuré dans lequel il se meut ne lui pose guère problème puisqu’il garde son cap. Il est aussi responsable du chant, ou plutôt des voix. Dans ce rôle, il convainc moins. C’est mécanique, froid et sinistre. De son côté, le claviériste travaille par petites touches, par très courtes phrases ou par nappes. D’un côté, en acoustique, il trouve ses sources dans la Musique Contemporaine ; de l’autre, dans la Musique Électronique. Quant au guitariste, il travaille plus l’effet sonore que l’instrument. Il produit relativement peu de notes, mais aime les répéter ou les tirer en longueur. Les sonorités aiguës qu’ils créent sont parfois proches du crincrin ou de la scie. Elles deviennent crispantes à la longue. Pour ces deux-là, le solo n’est pas un article en magasin.
En conclusion, seuls les esprits courageux et très ouverts se risqueront dans les méandres de ses compositions absconses.
Les titres (52’34) :
- « Home for Twilight » (9’06)
- « Before the Beginning » (4’26)
- « Apparitions of Revelry » (2’16)
- « Benevolent Outcomes » (2’46)
- « Fred Astaire-Ing » (5’18)
- « Purloining the Memo » (5’37)
- « Approaching the Cusp » (4’54)
- « Fire Tending » (3’29)
- « Danger » (3’53)
- « Threshold » (4’35)
- « Re-Membering » (5’09)
- « Gotta Go » (1’05)
Le groupe :
- Scott Hamill : Guitares
- James Day : Claviers
- Christopher Brown : Batterie & Chant
Pays: US
Token Boy Records TBR53833
Sortie: 2010/10/15
