MIAM MONSTER MIAM & LES LOVED DRONES – Femme plastique
Après ses différents projets allant des différentes versions de Phantom jusqu’à UFO Goes UFA, Benjamin Schoos, alias Miam Monster Miam revient avec un album qui tranche avec ceux enregistrés auparavant sous ce pseudo. Mais il est vrai qu’ici il s’est adjoint les Loved Drones. Le résultat ? Un album étonnant, mais aussi très varié tout en présentant un groove intense et une sonorité d’ensemble cohérente.
Mais les Loved Drones, c’est qui ? Au sein de cet étrange groupe, on épingle au passage Marc Moulin au piano. Marc étant décédé, sa présence étonne. Sans doute est-il revenu de l’au-delà pour donner au coup de main à Miam. Il n’y a bien sûr pas que lui. Les Loved Drones, c’est aussi le guitariste Marc Wathieu et le bassiste Daniel Offerman (Girls In Hawaii, Hallo Kosmo). Et côté paroles, on trouve des textes signés par Michel Moers de Telex et par l’incontournable Jacques Duvall.
Dans l’ensemble, l’album séduit. Pourtant, il y a des titres moins attirants comme ce « Je vois dans le noir » très variété française larmoyante (à zapper !) ou les pop rock très moyens que sont « J’aurai ta peau » et surtout « Der computer nr3 ». Mais à côté de cela, il y a des moments de rock énergique captivants comme la courte introduction instrumentale « A.rtificial R.adar T.urbulence », le psyché répétitif « Femme plastique » aux guitares qui s’affolent, les moments plus dépouillés du « Le roi des paranos », le court et groovy « J’écoute une k7 de la vedette » au rythme d’enfer où la guitare sort ses riffs, l’hypnotique « J’aime la liberté » mélangeant Dutronc et Gainsbourg.
Il y a aussi des moments incontournables qui, à eux seuls, justifient qu’on se penche sur cet opus intrigant. C’est le cas du « Blues automatik » avec sa voix « vocoderisée », très étrange au sein d’un blues, dont le résultat décoiffe d’autant que Miam ose y ajouter un passage hip-hop qui colle parfaitement. Et que dire de ce « Charleroi 2015 » au groove répétitif et hypnotique. C’est un des grands moments de l’album. On se croirait sur le ring de Charleroi au crépuscule croisant de-ci de-là quelques traquenards. Les guitares résonnent comme les bruits de la ville. On aime aussi le très Gainsbarre « Drôle d’époque pour les ventriloques » avec ses guitares qui discutent. Mais le sublime vient à la fin. C’est « Erotoman ». Un début floydien, un peu comme si Pink Floyd avait rencontré Gainsbourg (mais n’est-ce pas « Melody Nelson » ?). La finale est géniale, transcendante, captivante, bandante quoi ! C’est l’extase !
En résumé, ce nouveau Miam Monster Miam en étonnera plus d’un. Il est bien différent de ce à quoi Benjamin nous avait habitués sous ce pseudonyme. C’est comme s’il avait fondu en un seul moule ses différents projets de ces dernières années. Une découverte à faire !
Pays: BE
Freaksville 5425023010402
Sortie: 2010/11/25
