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MORLOCKS (The) – Play Chess

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Ne voyez pas derrière les Morlocks un de ces innombrables groupes garage qui sortent chaque semaine comme des générations spontanées. Les Morlocks se sont formés il y a un plus de 25 ans à San Diego en Californie et se sont séparés il y a un peu moins de 25 ans. Évidemment, cette carrière météorique avait tout pour envoyer les Morlocks au plus profond des antichambres de l’oubli.

C’est sous le nom de Gravedigger V que les Morlocks sont d’abord connus en 1983, avec leur fondateur leader Leighton Koizumi qui se fait remarquer avec sa voix râpeuse et éraillée. Le groupe devient vite les Morlocks après la sortie de l’album « All black and hairy ». Les Morlocks sortent « Emerge » en 1985 et sont salués par les puristes du néo-garage des années 80 comme un de groupes les plus sauvages de cette scène confidentielle. Les choses ne durent pas et le groupe ne tarde pas à se séparer en 1987.

On était sans nouvelles de Leighton Koizumi et certains le croyaient même mort. La nouvelle était fausse, bien que Leighton Koizumi ait passé quelques années à l’ombre pour une sombre histoire de kidnapping de dealer de drogue sur la frontière mexicaine. Ce sont des choses qui ne s’inventent pas, du pur Tarantino, de la légende rock ‘n’ roll livrée en barrettes. Bref, lorsque Koizumi retrouve sa liberté, il refonde les Morlocks qui n’avaient pas été oubliés puisque quelques albums live plus ou moins officiels étaient sortis entre-temps. Les Morlocks reprennent donc le contrôle de la guerre du son durant les années 2000 avec Leighton Koizumi (chant), Bobby Bones (guitare), Lenny Pops (guitare), Nick « The Canadian » (basse) et Marky (batterie).

Les voici définitivement de retour avec un album de reprises qui vaut son pesant de bâtons de dynamite. En effet, « Play Chess » se propose, comme son nom l’indique, de rendre hommage aux plus grands hits blues du catalogue Chess, la boîte qui a rendu mythiques Muddy Waters, Willie Dixon, Howling Wolf ou John Lee Hooker. Et les Morlocks ont mis les petites bombes dans les grandes avec des versions surélectrifiées de nos bons vieux classiques que sont « I’m a man », « Killing floor », « Who do you love », « Boom boom », « Sitting on the top of the world » ou le « You never can tell » de Chuck Berry.

Le moins que l’on puisse dire avec cet album, c’est que les Morlocks ont sorti les mitrailleuses à camembert et qu’ils font sauter le dépôt de munitions sans une égratignure. Les victimes sont nos tympans, déchirés par une déflagration blues dépoussiérée au fer à souder. Son martial, riffs chromés à chaud, rythmes épileptiques : voilà des choses qui rappellent les excellents Jim Jones Revue, par exemple. Et sur les débris fumants de votre chaîne hi-fi, vous pourrez crier « Ça a flingué dur, mais qu’est-ce que c’était bon! ».

Pays: US
Fargo FR 21217
Sortie: 2010/09/27

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