FERRY, Bryan – Olympia
Le crooner britannique est de retour ! Cela faisait huit ans qu’il ne nous avait plus gratifiés d’un album, enfin d’un disque de compositions personnelles puisqu’en 2007 sortait un album de reprises de Bob Dylan intitulé « Dylanesque« . Pour son grand retour, le beau sexagénaire s’est offert une brochette de musiciens de marque. Dans le groupe proprement dit, citons Nile Rodgers à la guitare et Marcus Miller à la basse. Et que dire des invités ! Flea (Red Hot Chili Peppers, faut-il le rappeler) bassiste sur trois titres, David Gilmour à la gratte sur deux chansons, Chis Spedding, deux fois également, Dave Stewart, Jonny Greenwood (Radiohead), j’en oublie certainement. Sans compter les vieux comparses de Roxy Music : l’inévitable Phil Manzanera à la six cordes lui aussi, Andy Mackay (haut-bois sur « Heartache By Numbers ») et même… Brian Eno aux synthés à trois reprises ! Le fiston Tara Ferry s’occupe de la batterie.
Nous entamons l’écoute avec « You Can Dance », accords saccadés de claviers quasi semblables à ceux de « True To Life », avant-dernière plage de l’ultime album de Roxy Music « Avalon ». Le ton est donné, en fait, le beau Bryan eût pu intituler son nouvel opus « Back To Avalon », tant l’atmosphère qu’il a créée ici est avalonienne. Cette plage d’ouverture rappelle également le très feutré « Boys And Girls » et son hit « Don’t Stop The Dance », la voix est juste marquée par une légère raucité, présente sur tout le disque. « Alphaville », poursuit, sautillant, obsédant même, par instants. S’ensuit un très accrocheur, commercial peut-on dire « Heartache By Numbers ». Flea y est crédité d’un solo. À vrai dire, si l’auditeur attentif remarquera un « frappé » de basse agrémenté de réverb, assez typique, et une ligne discrètement placée derrière le chant de Mr Ferry, on ne peut pas vraiment parler de solo ! Mais bon, il s’agit d’un album de Bryan Ferry, pas des Red Hot !
Retour du côté d’Avalon avec la belle ballade « Me Oh My ». Touche dansante, électro même sur « Shameless », dont l’habillage électronique a été confié à Groove Armada. S’envient le rayon reprises : « Song To The Siren » de Tim Buckley, à la sauce Ferry, convaincant, même si cette version n’atteint pas le niveau de celle d’Elisabeth Frazer avec This Mortal Coil, ni celle de Robert Plant sur « Dreamland ». « No Face, No Name, No Number » de Traffic, pour suivre, tellement « ferrysée » qu’il faut savoir qu’elle a été écrite par la bande à Steve Winwood, il y a plus de quarante ans. On repart sur les dancefloors avec « BF Bass » et son refrain accrocheur : « Love, you fit me like a glove ». On croit vraiment enter dans le format des programmations FM actuelles, mais Sir Ferry nous attend au tournant en clôturant avec deux ballades dont il a le secret. Le superbe « Reason Or Rhyme », avalonien au possible, arpèges de piano distillés par le maître. Velours total ! Bryan conclut avec un « Tender Is The Night » très sobre, voix, piano et habillage léger au synthé, juste pour donner à l’œuvre une touche de simplicité bienvenue.
Pas de grande surprise donc, du Bryan Ferry pur jus. On se dit que c’est du réchauffé à la première écoute, puis on se laisse bercer par la musique du chef, et elle est drôlement bien foutue ! L’artiste ne change pas de cap, s’en tient à ses valeurs sûres, mais nous livre simplement un bon album, n’est-ce pas déjà fort bien ?
Pays: GB
Virgin CDV 3086
Sortie: 2010/10/25
