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LIES – Lies

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Voici un premier album d’un groupe français qui a quelques promesses à tenir. De prime abord, le disque éponyme de Lies ne paie pas de mine, avec sa couverture en noir et blanc représentant une plage qui semble être surveillée par un haut-parleur sur un mât et dont on ne sait trop ce qui va en sortir. Il s’avère que Lies, pour ce premier coup d’essai, réalise une belle performance avec un métal assez diversifié, grandiloquent et puissant, allant puiser des influences aussi bien chez Korn, Tool ou Gojira que chez les Pink Floyd.

Laurent (batterie), Dam’s (basse), Asyd (guitare) et Tristan (chant) rassemblent leurs forces en 2009 seulement, mais ont déjà une grosse expérience dans le monde du métal (tournées avec Nothingness ou Lofofora, par exemple). Cette expérience saute à l’oreille quand on commence l’écoute de « Lies », qui délivre une introduction magnifique et envoûtante, sinueuse au point qu’on se demande à quel genre de groupe on a affaire. Et quand les guitares éclatent en une déflagration déchirée, le doute n’est plus possible, c’est bien du métal. Mais quel genre de métal ? Néo ? Metalcore ? Heavy traditionnel ? Expérimental ? Eh bien, un peu de tout, figurez-vous. Avec toujours en toile de fond une maîtrise affûtée des instruments (le guitariste est loin d’être manchot, le batteur pilonne) et un chant toujours dans les clous, atmosphérique quand il le faut et agressif dans les bonnes proportions.

Alors, quelques détails sur les morceaux. « World of lies » et son introduction impériale met déjà la barre assez haut. « Rictus » fait imaginer le résultat du croisement improbable entre Soulfly et Dream Theater (si, si, il faut tout oser dans la vie). « 777 » délivre à mon avis un des plus grands riffs de gratte de l’histoire du métal, absolument énorme, le genre à vous faire dresser les cheveux sur la tête, avant qu’un solo de guitare à la Iron Maiden vienne lâcher toute sa flamboyance typiquement eighties. Incroyable, ce titre. « Escape » a des relents floydiens et musiens sous sa carapace de rock lourd, achevé par un solo de guitare volé à David Gilmour. Et c’est reparti pour du metalcore dansant avec « Falling head », nuancé par un gracile passage de piano. Le versatile « Pornography », associe Marilyn Manson à My Chemical Romance tandis que « Panzer’s paradise » répand un piano mélancolique sur une rythmique ralentie en guise d’intermède avant d’attaquer l’imposant « S », dix minutes au compteur. Ici, on arrive dans du progressif lourd, ambitieux, étiré, tout en ambiances et en solos de guitares cherchant à tutoyer les anges. À mon avis, David Gilmour s’est fait un peu d’argent de poche en tant que conseiller technique du guitariste, vu le solo final de « S » (un tiers du morceau) qui fait penser à « Comfortably numb » de Pink Floyd. Quant à « Live fast die young », le dernier titre, c’est une bonne petite rencontre entre White Zombie et Strapping Young Lad. Bref de quoi se finir dans la bonne humeur.

Conclusion : Lies ne ment pas sur la marchandise et se pose en prétendant potentiel aux plus hautes marches de la scène métal française. À suivre.

Pays: FR
M & O Music
Sortie: 2010/12/09

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