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PEARSON, Josh T. – Last Of The Country Gentlemen

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En 2001, le double album « The Texas-Jerusalem Crossroads » signé Lift To Experience aurait mérité de se retrouver aux côtés du magnifique « It’s A Wonderful Life » de Sparklehorse dans les hautes sphères des référendums de fin d’année. Au lieu de cela, il allait devenir un objet culte en bouleversant quiconque daignait y jeter une oreille. Mais ce sera surtout une aventure sans lendemain pour le groupe Texan emmené par Josh T. Pearson, qui allait saborder le projet peu de temps après. Suivront dix années parsemées de repli sur lui-même, de doutes, de transhumances (il vit désormais à Paris) et de concerts souvent confidentiels.

Un beau jour, alors qu’il ouvre pour Dirty Three (un projet impliquant entre autres Warren Ellis de Nick Cave & The Bad Seeds), il prend conscience que ses nouvelles compositions interpellent les spectateurs présents. Il poursuit dans cette voie et décroche dans la foulée un contrat avec le célèbre label Mute de Daniel Miller. Aujourd’hui, il rajoute enfin une ligne à sa courte discographie avec un premier album solo, « Last Of The Country Gentlemen ».

Fidèle à la sobriété qui le caractérise, ce recueil de chansons transpire le désespoir, à l’instar de la plage qui ouvre le disque, « Thou Art Loosed », qui ressemble plus à une incantation qu’à de la musique contemporaine. Il est vrai que la voix tremblante du bonhomme accentue encore un peu plus cette impression. Une voix qui va toutefois s’affirmer au fil du disque, comme le démontre « Woman When I’ve Raised Hell », très accessible malgré une tristesse à peine voilée.

Faisant fi des formats, il se permet le luxe d’inclure quatre titres dépassant les dix minutes. Ceux-ci font progressivement prendre conscience de la beauté de ses compositions personnelles, même si l’écorché « Sweetheart I Ain’t Your Christ », très country folk traditionnel, pèche par son manque de consistance. En revanche, les cordes qui viennent complémenter « Honeymoon Is Great, I Wish You Were Her » permettent d’appréhender son univers de manière différente. Un univers qui trouve sa plénitude sur les très équilibrés « Sorry With A Song » et « Country Dumb », dont les arrangements renvoient par moments à Micah P. Hinson, un autre personnage à la détresse exacerbée et à l’esprit torturé. « Last Of The Country Gentlemen » n’est pas un album facile d’accès. Il ne peut pas non plus s’écouter distraitement, au risque de passer à côté de l’essentiel. Pour l’apprécier à sa juste valeur, il est nécessaire de s’installer confortablement et de se laisser envoûter par la mélancolie d’un type qui nous aura manqué pendant une décennie. Welcome back, Josh !

Pays: US
Mute Records CDSTUMM326
Sortie: 2011/03/14

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