SEXTON CREEPS – The sour acre
Sexton Creeps est un groupe néerlandais de la région de Groningue qui livre avec ce « The sour acre » son deuxième album. Ce groupe est assez discret et les informations précises qui traînent sur son compte ne sont pas faciles à trouver. Le groupe a été formé par Bram Nigten (batterie et percussions), Arnold Nieborg (guitare), Steven Jouwersma (guitare et orgue), Jouke van der Krieke (guitare, violon et accordéon) et J.C. (chant). Sexton Creeps sort en 2006 son premier album « CAS » qui le catalogue immédiatement dans un rock psychédélique expérimental.
C’est cette impression qui est confirmée sur « The sour acre », deuxième album assez déconcertant, mais qui n’a pas finit de surprendre. Les influences de Sexton Creeps se dévoilent au grand jour : Nick Cave & The Bad Seeds, le Velvet Underground et un orgue directement sorti du premier album des Pink Floyd et de ses sorties cosmiques hallucinées. Le groupe s’est enrichi du bassiste Jos Volkers et de l’orgue de Martine Rademakers (qui a remplacé Arnold Nieborg).
Je préviens tout de suite, il va falloir prendre son temps pour entrer dans tous les détails sonores de cet album, parcouru d’effets électroniques venant s’insinuer dans un long continuum musical triste et mélancolique. « A maternal ear and dead perfume » inaugure le disque sur une touche inquiétante, avec une guitare qui s’infiltre en douceur sur une nappe de violon psychopathe. Un chant tout droit sorti de la tombe de Ian Curtis émet des plaintes névrotiques. On n’est pas ici pour rigoler, c’est certain. Puis on passe immédiatement au quart d’heure représenté par « Nipple of the world », longue promenade psychédélique piquée d’orgues intersidéraux et de voix féminines vaporeuses. On n’est pas là non plus pour s’énerver. Vient alors un petit délire orgue-batterie intitulé « Hats off to Harm Wierma » pour la simple et bonne raison que c’est Harm Wierma, un ami invité, qui se déchaîne sur ses claviers en tentant de reconstituer l’« Interstellar overdrive » de Pink Floyd. « G-minor sext » est plus jazz-rock mais toujours aussi dramatique, apeuré. Il faut reprendre ses esprits avec un « 13th baklat cycle » très douillet, presque anémique, avant d’attaquer le second gros morceau de l’affaire, un « Isle of Groix » de plus de neuf minutes, fait d’une première moitié très lente et d’une montée vers la frénésie électrique dans sa seconde moitié. C’est finalement avec « God is a audience too divine to clap », le dernier titre, que le groupe s’énerve dans un déluge de guitares distordues, s’échangeant des passes d’armes au fil d’une improvisation aérienne.
Cet album est très intéressant, complexe, tourmenté. On ne l’entendra jamais dans une fête foraine, mais il conviendra à tous les amateurs de psychédélisme angoissé et de rock alternatif élaboré.
Pays: NL
Dying Giraffe Recordings
Sortie: 2011/02/21
