ANTIKLIMAX – Green Largo
« Green Largo », sorti cette année, est le quatrième volume de la discographie d’Antiklimax. Il suit « Plus Loin Vers L’est« (2006), « Aurora Polaris« (2008) et « 360° » (2009). Antiklimax est avant tout le projet de Vincent Bénésy : claviériste, guitariste, enfin homme-orchestre basé à Antibes, région PACA, France. Vincent est donc antibois, eh oui, on dit antibois et non antibais, heureusement pour les habitantes de cette cité azuréenne, l’immense Bobby Lapointe me pardonne !
Vincent est un passionné de la musique électronique ; en particulier allemande de la fin des années septante, Tangerine Dream et Klaus Schulze, surtout. Le moins que l’on puisse dire à l’écoute du disque dont il est question dans ces lignes, est que cela se ressent ! Après quelques mesures, vous pouvez tout de suite situer le style décliné ici, aux rayons New Age, ou encore Relaxation (pour les gens que cette musique relaxe). Ma dernière parenthèse peut vous laisser supposer que ce n’est pas mon cas, pas tout à fait faux, mais qu’importe !
La première moitié de l’album est typique du genre, longs accords de synthés, enjolivés par des arpèges plus aigus, joués lentement, histoire de ne pas faire sursauter l’auditeur. L’auteur parle de séquences polyphoniques et minimalistes, rarement soutenues par un support rythmique. Description judicieuse, à laquelle, modestement je ne peux qu’adhérer. Ma seule remarque concerne le minimalisme, les gimmicks synthétiques, tels que les bruits de machines à écrire dont Vincent use et abuse en particulier sur « Paradigma », ce n’est pas sobre au point de pouvoir être qualifié de minimaliste.
Malgré toutes ces remarques, il faut que je vous dise que la musique de notre ami est très audible, agréable, même pour un profane en la matière tel que moi. Vangelis n’est pas très loin. Un peu trop de répétitions à mon goût, les thèmes semblant répétés jusqu’à plus soif, avec des changements parfois brusques mais débouchant sur une nouvelle longue séquence. Antiklimax est un nom bien choisi, peu de variations émotionnelles et absence d’apogée.
Peu de rythmique, enfin, jusqu’à la pièce maîtresse « Green Largo », longue intro en douceur, et au bout de plusieurs minutes, départ des percussions, boîte à rythme judicieusement programmée, mais… répétitive, donc manquant de variations, tout cela n’étant pas sans rappeler la musique d’Era. « Pariah » clôture plus modestement ce disque avec ses sonorités synthétiques rappelant celles du Fairlight de Peter Gabriel à l’époque du quatrième album, sur « I Have The Touch » en particulier.
Alors voilà, du bon : mélodies agréables, véritablement relaxantes ; du moins bon : répétitions excessives, tendance à la monotonie, changements de thèmes abrupts, ressemblant plutôt à des collages. Un disque d’un artiste de toute évidence capable de mieux, de beaucoup mieux.
Pays: FR
Dreaming
Sortie: 2011/01/25
