CLAN EDISON – Clan Edison
Il fallait bien qu’un jour le monde du rock se décide à rendre hommage à Thomas Edison. Car notre petit monde, privé des inventions électriques de l’oncle ‘Thom’ (NDR : à qui nous devons, entre autres, la centrale électrique, la lampe à incandescence, et cet ancêtre du lecteur mp3 appelé phonographe), serait sans doute beaucoup moins excitant. Imaginez donc un concert rock sans électricité et sans lumière et vous comprendrez que cet hommage devait absolument être rendu.
Et bien, ce sont nos voisins français qui s’y collent. Originaires de la ville de Nîmes, dans le Languedoc-Roussillon, Sylvain Arnaux (guitare/chant), Fabien Tolosa (batterie) et Harold Martinez (basse/chant) auraient très bien pu appeler leur groupe ‘Nicolas Sous-sol et les Mauvaises Graines’ mais ils opté pour le Clan Edison, un nom qui, après tout, définit à la perfection leur musique très très électrique.
Il aurait été facile, pour mener à bien cette chronique, de comparer Clan Edison à une version française de Nick Cave And The Bad Seeds. C’est en effet la première impression ressentie lorsque l’on pose une oreille distraite sur ce blues-rock aussi sombre que plombé. Quelques écoutes approfondies de la galette éponyme révèlent cependant de nombreuses subtilités qui, si elles ne nous font pas oublier l’impression initiale, démontrent en tout cas que ce Clan Edison est bien plus intéressant qu’une vulgaire copie.
Comme l’inventeur auquel il emprunte le patronyme, Clan Edison possède un certain génie : celui de marier à la perfection les genres et les langues afin de se forger une identité propre. L’atout principal du clan, c’est cette voix superbe, sombre et torturée, qui souffre aussi bien dans la langue de Molière que dans celle de Shakespeare. Si le chant en anglais évoque Nick Cave ou même Johnny Cash, son pendant français nous jette en pâture un Bertrand Cantat dépressif cherchant à mener à terme son Noir Désir.
Mais que serait une voix superbe sans un support musical approprié ? Cette fois encore, le Clan excelle. La dépression électrique, il en fait son affaire. L’énergie du rock, les riffs gras du stoner et les envolées instrumentales du rock sudiste sont ici assombries par la noirceur du gothique et la mélancolie du blues.
« Clan Edison » est l’un de ces disques vicieux avec lequel on prend du plaisir à ne pas s’amuser. ‘Trouver le bonheur dans l’obscurité’ : un comble pour un groupe dont le nom est inspiré par l’inventeur de l’ampoule électrique.
Pays: FR
Autoproduction
Sortie: 2010
