ORWELL – Continental
La pop française peut s’enorgueillir d’avoir le vent en poupe, surtout quand il s’agit de séduire les amateurs anglo-saxons du genre. Nous avons tous en mémoire les grosses performances commerciales de Daft Punk, Air ou Phoenix chez le public anglais ou américain. Un groupe comme Orwell, moins connu mais tout aussi talentueux, est en passe de réussir à son tour son opération séduction avec son dernier album « Continental ».
Orwell a été formé il y a une dizaine d’années à Nancy par Jérôme Didelot (chant, basse, guitare, mandoline, banjo, glockenspiel), Thierry Bellia (basse, guitare) et Alexandre Longo (claviers). C’est Jérôme Didelot qui est le patron de l’affaire et qui alimente son inspiration de toutes les influences pop ou new wave qui ont bercé son enfance : David Bowie (par-dessus tout), Brian Eno ou le rock synthétique allemand de Kraftwerk, Cluster et Neu. Sans surprise, Orwell construit son univers musical sur ces bases, à travers ses albums « Des lendemains » (2002), « L’archipel » (2005) ou « Le génie humain » (2007). La réputation du groupe augmente peu à peu et c’est la presse anglo-saxonne qui reçoit le mieux ces albums, y voyant de la pop baroque splendide, rafraîchissante et délicieuse.
C’est maintenant la presse française qui craque devant les vertus de la musique d’Orwell. Les Inrockuptibles ou le Figaro Magazine tressent des lauriers au groupe de Jérôme Didelot, y voyant de dignes successeurs d’Air, High Llamas ou Tahiti 80. Le nouvel album « Continental » confirme tout le bien qu’il faut penser d’Orwell. Le disque intervient à un moment critique de la vie du groupe, puisque Jérôme Didelot se retrouve seul après le départ de Thierry Bellia (parti dans Variety Lab) et Alexandre Longo (pour Cascadeur). Didelot choisit de se lancer dans plusieurs défis sur cet album : le passage à l’anglais et la poursuite d’une certaine logique suivant le cours des chansons, aboutissant à une sorte de concept album. L’utilisation d’un certain nombre d’instruments vintage et mythiques (synthétiseurs Moog et Crumar, orgue Farfisa, boîtes à rythmes) lancent l’auditeur dans une ambiance résolument seventies et eighties, entre Bowie, Eno, XTC ou Ten CC. L’innocence des chansons et la légèreté du chant n’est pas non plus sans rappeler un petit côté psychédélique anglais des années 60, entre les premiers Pink Floyd et les groupes beat du Swingin London (Tinkerbell Fairydust, Jason Crest, Cherry Smash, The Neat Change et autres illustres inconnus de ce genre).
Au final, Jérôme Didelot commet treize jolies chansons insouciantes et primesautières qui enchanteront les oreilles et apaiseront les âmes. De la dentelle pop sous son meilleur jour.
Pays: FR
Pigalle Production
Sortie: 2011/03/07
