IN FLAMES – Sounds of a playground fading
Avec plus de vingt ans d’existence, dix albums sous la ceinture et 2,5 millions d’albums vendus dans le monde, In Flames est passé depuis longtemps dans la catégorie des gros groupes. Pourtant, ce n’est pas le groupe qu’on entend tous les jours à la radio, loin s’en faut, puisque son death metal mélodique reste quand même limité à une certaine catégorie d’auditeurs.
Il faut cependant apprécier à sa juste valeur le parcours de ce groupe suédois, fondé à Göteborg en 1990 par Jesper Strömblad, qui avait d’abord cantonné In Flames à un rôle de side-project par rapport à son groupe de death Ceremonial Oath. Les choses prennent véritablement corps en 1993, lorsque Strömblad quitte Ceremonial Oath et recrute Glenn Ljungström (guitare) et Johan Larsson (basse) pour se lancer à corps perdu dans In Flames. Le groupe commercialise son premier album « Lunar strain » en 1994 puis monte peu à peu en puissance avec les albums « The Jester race » (1996), « Whoracle » (1997), « Colony » (1999) et « Clayman » (2000), qui fondent le style In flames. Celui-ci aura une grande influence sur la scène metalcore en devenir, ainsi que dans la catégorie death metal mélodique. Avec In Flames, on parle désormais du son de Göteborg, une ville qui va enfanter d’importants groupes métalliques comme At The Gates, Dark Tranquillity, Evergrey ou Hammerfall.
À partir de 2002 et « Reroute to remain », In Flames modifie quelque peu son style, plus au profit des synthétiseurs que des guitares couplées comme c’était le cas auparavant. Le groupe recherche de nouvelles sensations et son évolution est confirmée sur des albums comme « Soundtrack to your escape » (2004), « Come clarity » (2006) ou « A sense of purpose » (2008). Le personnel a changé aux débuts du groupe mais le line-up actuel s’est rapidement stabilisé autour d’Anders Friden (chant), Björn Gelotte (guitare), Niclas Engelin (guitare), Peter Iwers (basse) et Daniel Svensson (batterie). Le coup de théâtre survient en 2010, quand le fondateur Jesper Strömblad lui-même quitte le groupe, ne laissant aucun membre original dans ses rangs.
C’est amputé de son chef que le groupe sort « Sounds of a playground fading » en 2011. Produit par Roberto Laghi et Anders Friden, le dixième album d’In Flames est accouché sous la pression de l’absence de Strömblad d’une part et d’autre part des doutes émis par les fans de la première heure sur l’évolution récente du groupe qui les avait un peu déçus avec « A sense of purpose ». Avec ce nouveau « Sounds of a playground fading », les in flamistes vont pouvoir être rassurés car le groupe réussit ici un équilibre convaincant entre ses premières œuvres et son évolution récente. Le chant est moins hurlé, la mélodie est revenue dans les assauts de guitares et les chansons sont assez bien ficelées. Le style caractéristique d’In Flames brille sur des titres comme « Sounds of a playground fading », « Where the dead ships dwell », « All for me », les très lourds « Darker times » et « Enter tragedy » ou « Ropes ». Les textes d’Anders Friden sont assez fatalistes et l’homme a même écrit un hommage à Jester Strömblad avec « Jester’s Door », un titre calme et poignant qui aurait pu figurer à la toute fin de l’album.
Pour résumer, on dira que l’âge d’or d’In Flames est sans doute derrière lui mais le groupe est toujours capable de composer des morceaux percutants qui rejoignent son style musical typique et sa vision des choses. Personnellement, je n’ai jamais été un grand fan du groupe mais je classerais cet album facilement à la quatrième place des meilleurs albums des Suédois.
Pays: SE
Century Media
Sortie: 2011/06/20
